Le président américain Donald Trump a affirmé que les États-Unis exerçaient désormais un contrôle sur une partie des réserves pétrolières du Venezuela, selon une information rapportée par la presse libanaise. Cette sortie, formulée dans un registre offensif, marque une nouvelle étape dans la stratégie de pression maximale conduite par Washington à l’encontre du gouvernement de Nicolás Maduro. Elle intervient alors que Caracas, longtemps mise au ban des circuits financiers occidentaux, tente de réactiver ses exportations d’hydrocarbures vers l’Asie et l’Europe.
Une revendication politique aux implications lourdes
La déclaration du locataire de la Maison-Blanche prend une dimension particulière au regard des données sectorielles. Le Venezuela détient les premières réserves prouvées de brut de la planète, estimées à plus de 300 milliards de barils, majoritairement concentrées dans la ceinture de l’Orénoque. Toute revendication d’emprise, même partielle, sur ces gisements dépasse la simple posture rhétorique. Elle envoie un signal aux compagnies internationales, aux créanciers de la compagnie nationale PDVSA et aux capitales alliées de Caracas, au premier rang desquelles Moscou, Pékin et Téhéran.
Depuis 2019, l’administration américaine, sous plusieurs mandatures successives, a multiplié les sanctions visant le secteur énergétique vénézuélien. Ces mesures ont conduit à un effondrement de la production nationale, tombée d’environ 2,5 millions de barils par jour au début des années 2010 à moins de 900 000 barils quotidiens ces dernières années. Le retour de Donald Trump à la présidence a d’emblée été perçu, dans les cercles diplomatiques latino-américains, comme l’annonce d’un durcissement supplémentaire, après une brève parenthèse de licences accordées à quelques opérateurs occidentaux.
Un enjeu qui dépasse largement l’hémisphère américain
Pour les décideurs africains et moyen-orientaux, la séquence n’est pas neutre. Plusieurs pays producteurs membres de l’OPEP suivent avec attention la manière dont Washington entend redessiner la carte mondiale de l’offre. Une reprise contrôlée du brut vénézuélien sous supervision américaine modifierait les équilibres au sein du cartel élargi, où l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pilotent depuis 2016 une politique de quotas partagée avec la Russie. Un afflux, même graduel, de barils vénézuéliens pèserait sur les cours, dans un marché déjà exposé aux incertitudes liées au conflit au Proche-Orient et aux tensions en mer Rouge.
La déclaration présidentielle américaine soulève par ailleurs une question de droit international. Aucun cadre juridique ne reconnaît à un État tiers la faculté d’exercer une souveraineté, même partielle, sur les ressources naturelles d’un autre État. La formulation employée par Donald Trump s’inscrit donc davantage dans une logique de communication politique que dans une réalité opérationnelle immédiate. Reste que le message adressé aux acheteurs asiatiques du brut vénézuélien, notamment aux raffineurs chinois indépendants, vise à décourager les transactions échappant au contrôle du Trésor américain.
Caracas isolée mais pas sans relais
Face à cette pression, le pouvoir vénézuélien dispose encore de plusieurs cartes. La Russie et l’Iran fournissent depuis des années une assistance technique à PDVSA, permettant de maintenir un niveau minimal d’activité dans les champs matures. La Chine, principale destinataire des exportations vénézuéliennes, absorbe des cargaisons souvent rebaptisées ou transbordées pour contourner les listes de sanctions. Ce réseau parallèle, opaque, constitue une réponse pragmatique à l’étau américain, sans pour autant restaurer la puissance pétrolière que Caracas incarnait au tournant des années 2000.
Pour les capitales du Golfe et les producteurs africains, du Nigeria à l’Angola en passant par le Congo, la séquence vénézuélienne fonctionne comme un précédent. Elle rappelle qu’un adossement excessif à un seul client ou à un unique bailleur expose à des retournements brutaux. Elle confirme aussi le rôle central que le pétrole conserve dans les rapports de force internationaux, malgré les discours sur la transition énergétique. Les prochaines semaines diront si la déclaration de Donald Trump se traduit par des mesures concrètes, sanctions secondaires ou saisies de cargaisons, ou si elle relève d’une pure communication de campagne permanente.
Selon Al Akhbar, le président américain a explicitement présenté cette mainmise partielle comme une victoire stratégique de son administration.
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