Kaolack : Cheikh Tidiane Dièye renforce la lutte anti-inondations

People navigating a flooded street, showcasing resilience amidst natural disaster in Africa.Photo : Guylain Kipoke / Pexels

La ville de Kaolack, carrefour économique du centre du Sénégal, occupe une place de plus en plus stratégique dans la cartographie des risques climatiques nationaux. Le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, y a effectué un déplacement consacré au renforcement du dispositif de prévention des inondations. L’initiative s’inscrit dans la mobilisation gouvernementale engagée à l’approche de la saison des pluies, période durant laquelle plusieurs quartiers de la capitale du Saloum se retrouvent traditionnellement sous les eaux. L’objectif affiché est d’éviter la répétition des scénarios qui ont marqué les hivernages précédents.

Kaolack, point névralgique des inondations au Sénégal

Située à la confluence de plusieurs bassins versants, Kaolack cumule des vulnérabilités structurelles. La topographie plate de la commune, l’urbanisation rapide et la saturation des canaux d’évacuation existants exposent les populations à des submersions récurrentes. Chaque hivernage, les images de ménages déplacés, de marchés paralysés et d’axes routiers coupés rappellent l’urgence d’une réponse coordonnée. Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu dépasse la simple gestion d’urgence : il s’agit de préserver un pôle commercial qui irrigue le commerce sous-régional, notamment vers la Gambie et le Mali.

La visite de Cheikh Tidiane Dièye sur le terrain visait précisément à mesurer l’état des infrastructures hydrauliques et à identifier les points critiques avant les premières pluies. Le ministre a parcouru plusieurs sites jugés sensibles, où l’évacuation des eaux pluviales conditionne la résilience de quartiers entiers. Cette approche par diagnostic de proximité tranche avec les seules annonces budgétaires et témoigne d’une volonté politique de rendre visible l’action de l’État dans les territoires régulièrement sinistrés.

Une stratégie gouvernementale sous tension

Le dossier des inondations constitue un test politique pour l’exécutif sénégalais. Depuis l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe gouvernementale, les promesses de rupture en matière de gouvernance des risques climatiques sont scrutées de près. Le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, dont relève Cheikh Tidiane Dièye, occupe une position centrale dans cette équation. Il pilote à la fois les investissements structurants, l’entretien des ouvrages et la coordination avec les collectivités locales. La moindre défaillance lors de l’hivernage se traduit immédiatement en coût politique.

Le renforcement du dispositif de prévention passe par plusieurs leviers complémentaires. Curage des canaux, mobilisation des stations de pompage, prépositionnement des motopompes et coordination avec les services de la protection civile figurent parmi les actions opérationnelles attendues. Concrètement, l’efficacité du plan se mesure à la rapidité avec laquelle les eaux peuvent être évacuées hors des zones habitées. Reste que ces réponses conjoncturelles ne dispensent pas d’une réflexion plus profonde sur l’aménagement urbain, la maîtrise du foncier dans les zones inondables et le financement de long terme des infrastructures d’assainissement.

Souveraineté hydraulique et résilience climatique

Au-delà de Kaolack, le déplacement ministériel illustre une préoccupation plus large : celle de la souveraineté hydraulique du Sénégal. Le pays figure parmi les zones d’Afrique de l’Ouest les plus exposées aux effets combinés du changement climatique, avec une intensification des épisodes pluvieux extrêmes. Plusieurs partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, accompagnent depuis plusieurs années des programmes dédiés à la gestion des eaux pluviales en milieu urbain. La capacité de l’État à absorber ces financements et à les transformer en infrastructures opérationnelles demeure un indicateur clé de performance.

Par ailleurs, la mobilisation autour de Kaolack envoie un signal aux autres régions exposées, notamment Dakar, Touba ou Saint-Louis. La méthode retenue, fondée sur la visite de terrain et l’engagement direct du ministre, pourrait servir de modèle pour d’autres déplacements ministériels durant l’hivernage. Les prochaines semaines diront si le dispositif annoncé tient face à la pluviométrie attendue. Pour les populations du Saloum, l’évaluation sera immédiate et sans complaisance. Selon Dakaractu.

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Awa Ngoma
Journaliste industrielle, Awa Ngoma couvre les filières manufacturières, la logistique portuaire et les grands projets d'infrastructures en Afrique centrale et de l'Ouest. Ingénieure de formation, elle analyse les chaînes de valeur locales, les implantations d'unités de production et les contrats de concession routière, ferroviaire et portuaire.

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