La mine d’or de Diamba Sud, située dans la région de Kédougou au sud-est du Sénégal, disposera prochainement de sa propre infrastructure de production électrique. Le groupe technologique finlandais Wärtsilä a décroché un contrat pour la fourniture d’une centrale thermique de 14 mégawatts, destinée à couvrir les besoins opérationnels du site aurifère. L’accord confirme l’appétit des majors énergétiques scandinaves pour les projets miniers ouest-africains, où la disponibilité électrique conditionne directement la rentabilité de l’extraction.
Une centrale calibrée pour un site aurifère isolé
Le contrat porte sur la livraison d’un ensemble motorisé fonctionnant au fioul lourd, une technologie éprouvée par Wärtsilä sur plusieurs sites miniers du continent. Avec une puissance installée de 14 MW, la centrale doit assurer une alimentation continue des équipements de traitement du minerai, des installations de broyage et des infrastructures auxiliaires. Le dimensionnement retenu correspond aux standards observés sur les mines à ciel ouvert de taille intermédiaire en Afrique de l’Ouest.
La région de Kédougou, malgré ses richesses aurifères avérées, reste faiblement connectée au réseau national de la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec). Les opérateurs miniers y déploient donc systématiquement des solutions énergétiques autonomes, calibrées sur la durée de vie économique du gisement. Diamba Sud, exploité par la société Allied Gold via sa filiale locale, s’inscrit dans cette logique de production captive, où la fiabilité prime sur l’optimisation tarifaire.
Wärtsilä consolide son ancrage minier ouest-africain
Le groupe finlandais, coté à la Bourse d’Helsinki, capitalise depuis une décennie sur la demande énergétique du secteur extractif africain. Ses moteurs à combustion interne équipent déjà plusieurs sites au Mali, au Burkina Faso et en Guinée, où les opérateurs miniers privilégient des solutions modulaires, transportables et compatibles avec une future hybridation solaire. Le contrat de Diamba Sud prolonge cette empreinte, dans un pays où la production aurifère progresse mais où l’écosystème de fournisseurs énergétiques reste dominé par les acteurs européens.
Concrètement, la centrale devrait être livrée clé en main, avec un volet maintenance intégré. Ce type de montage sécurise la disponibilité machine tout en transférant à Wärtsilä le risque technique lié à l’exploitation quotidienne. Pour l’opérateur minier, la logique est financière autant qu’opérationnelle : lisser le coût énergétique du gramme d’or produit, dans un contexte de cours mondiaux favorables mais volatils.
Une dépendance énergétique révélatrice
Le projet met en lumière une réalité structurelle du secteur minier sénégalais. L’or, devenu deuxième poste d’exportation du pays derrière les produits pétroliers récemment mis en production, dépend d’une énergie décentralisée, majoritairement thermique, importée sous forme de combustibles liquides. La transition vers des mix hybrides intégrant du photovoltaïque progresse lentement, freinée par le coût du stockage et par les exigences de puissance continue propres au traitement du minerai.
Reste que la trajectoire énergétique du sud-est sénégalais pourrait évoluer. Le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye a inscrit la souveraineté énergétique parmi ses priorités stratégiques, avec un accent porté sur la valorisation locale du gaz naturel issu des champs offshore. Une extension du réseau haute tension vers Kédougou, régulièrement évoquée, offrirait aux opérateurs miniers une alternative crédible aux centrales autonomes. À court terme cependant, les 14 MW livrés par Wärtsilä resteront indispensables pour lancer la production de Diamba Sud.
Au-delà du contrat lui-même, l’opération illustre la manière dont les fournisseurs technologiques étrangers structurent silencieusement la chaîne de valeur minière africaine. La captation énergétique, le pilotage à distance des installations et l’ingénierie de maintenance restent concentrés entre les mains d’un nombre restreint d’équipementiers. Un rapport de force que les autorités sénégalaises tentent progressivement de rééquilibrer par l’exigence de contenu local, sans pour l’heure disposer d’alternatives industrielles domestiques matures.
Selon PressAfrik, la mise en service de la centrale interviendra dans le cadre du calendrier de développement de la mine d’or de Diamba Sud.
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