Côte d’Ivoire : les radiologues formés au lexique BI-RADS 2025

Close-up of an MRI scan displayed on a medical monitor, showcasing diagnostic medical imaging technology.Photo : MART PRODUCTION / Pexels

En Côte d’Ivoire, la communauté des radiologues se met à jour sur le référentiel international qui structure la lecture des mammographies. Une session de formation dédiée au nouveau lexique BI-RADS 2025 vient d’être organisée à Abidjan, avec un objectif clair : harmoniser les pratiques et renforcer la fiabilité du dépistage du cancer du sein. Cette mise à niveau intervient alors que la maladie demeure la première cause de mortalité oncologique féminine dans le pays.

Un nouveau standard pour homogénéiser le dépistage du cancer du sein

Le Breast Imaging Reporting and Data System, connu sous l’acronyme BI-RADS, constitue depuis plus de trois décennies la grammaire universelle des comptes rendus de mammographie, d’échographie et d’IRM mammaire. Élaboré par l’American College of Radiology, il classe les lésions selon des catégories de risque allant de 0 à 6, et impose un vocabulaire descriptif précis. La version 2025 introduit des ajustements terminologiques destinés à réduire les zones d’ambiguïté entre praticiens, notamment sur la caractérisation des microcalcifications et des distorsions architecturales.

Pour les radiologues ivoiriens, l’enjeu dépasse la simple actualisation lexicale. L’adoption d’un langage standardisé conditionne la comparabilité des dossiers entre établissements, la fluidité du parcours patient et la qualité du dialogue avec les chirurgiens et oncologues. Concrètement, un compte rendu conforme au BI-RADS permet de trancher rapidement entre surveillance, biopsie ou prise en charge chirurgicale, sans ouvrir la porte aux interprétations divergentes.

Un impératif de santé publique en Côte d’Ivoire

Le cancer du sein occupe une place préoccupante dans le tableau épidémiologique ivoirien. Les patientes se présentent fréquemment à des stades avancés, ce qui grève à la fois les chances de survie et le coût de la prise en charge. Les autorités sanitaires, appuyées par les sociétés savantes de radiologie, misent sur la détection précoce comme levier principal de réduction de la mortalité. Or, sans standardisation des comptes rendus, une part significative de l’effort de dépistage se perd dans des lectures hétérogènes.

La formation dispensée à Abidjan s’inscrit dans cette logique de renforcement des capacités. Elle vise à outiller les radiologues du secteur public comme du privé, dans un pays où l’accès à l’imagerie médicale demeure inégal entre le district autonome d’Abidjan et l’intérieur. En unifiant la méthode de description, les organisateurs entendent créer les conditions d’un maillage territorial cohérent, capable de soutenir à terme un programme national de dépistage organisé.

Formation continue et souveraineté sanitaire

Au-delà du cas ivoirien, la démarche illustre une tendance plus large sur le continent : l’appropriation des référentiels internationaux par les corps médicaux africains, condition d’une reconnaissance mutuelle des diagnostics et d’une meilleure intégration dans les circuits de recherche clinique. La radiologie mammaire, particulièrement exposée aux évolutions technologiques comme la tomosynthèse ou l’intelligence artificielle d’aide à la lecture, exige une actualisation permanente des compétences.

La question des ressources humaines reste néanmoins centrale. Le nombre de radiologues formés à la sénologie demeure limité rapporté à la population féminine cible, généralement estimée à partir de quarante ans pour un dépistage régulier. La densification du parc de mammographes, l’assurance qualité des équipements et la formation des manipulateurs constituent autant de chaînons complémentaires. Une session sur le lexique BI-RADS, aussi utile soit-elle, ne produit ses effets qu’insérée dans une stratégie globale.

Reste que la mobilisation professionnelle envoie un signal favorable aux bailleurs et partenaires techniques engagés dans la lutte contre les cancers féminins en Afrique de l’Ouest. Plusieurs coopérations bilatérales et programmes régionaux financent déjà l’équipement et le renforcement des plateaux d’imagerie. La lisibilité des comptes rendus produits par les radiologues ivoiriens conditionne, en pratique, l’évaluation de ces investissements et leur reconduction. La Côte d’Ivoire, en s’alignant sur le référentiel 2025, se donne les moyens de participer à la production de données comparables à l’échelle internationale.

Selon Abidjan.net.

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Léa Mbongo
Reporter société, Léa Mbongo s'intéresse aux enjeux agricoles, environnementaux et de santé publique en Afrique francophone. Elle a couvert les crises climatiques du Sahel, les politiques de sécurité alimentaire et l'émergence des filières agroalimentaires locales. Ses reportages donnent la parole aux acteurs de terrain.

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