La croissance économique des Comores s’établit à 3,8 % en 2025, contre 3,3 % l’année précédente, selon les projections publiées par la Banque centrale des Comores (BCC) dans son rapport annuel diffusé le 28 août 2026. Ce résultat constitue la meilleure performance enregistrée par l’archipel depuis la crise sanitaire de 2020. Dans le même temps, l’inflation moyenne annuelle a reflué à 3,3 %, après un pic à 5,1 % en 2024, offrant une bouffée d’oxygène aux ménages et un cadre plus lisible aux investisseurs. L’institution monétaire décrit une conjoncture mieux orientée, portée par plusieurs moteurs internes qui se renforcent mutuellement.
Une reprise tirée par la construction et l’énergie
Le bâtiment demeure le principal accélérateur de l’activité. L’ouverture de chantiers privés, alimentés notamment par les envois de la diaspora, s’ajoute aux investissements publics dans les infrastructures. Ce dynamisme du secteur du BTP irrigue à son tour le commerce des matériaux, les services logistiques et l’emploi informel urbain, particulièrement à Moroni et Mutsamudu. Le rebond doit aussi beaucoup à l’amélioration de l’approvisionnement en électricité, longtemps considéré comme un frein structurel à la productivité comorienne.
La montée en puissance progressive de la Société nationale de l’électricité (Sonelec) et les efforts de réhabilitation du parc de production ont permis de réduire la fréquence des délestages. Concrètement, cette stabilisation profite à l’industrie légère, au tourisme naissant et aux commerces qui subissaient auparavant des interruptions prolongées. La BCC souligne que ces gains d’offre énergétique ont un effet direct sur la formation du PIB non agricole.
La diaspora, colonne vertébrale de la demande
Les transferts financiers des Comoriens de l’étranger, principalement établis en France, restent la variable pivot de l’économie insulaire. Ces flux, qui représentent chaque année une part significative du revenu national, soutiennent la consommation des ménages, financent l’immobilier résidentiel et alimentent l’épargne bancaire domestique. Leur régularité contribue à amortir les chocs externes et à contenir le déficit courant, dans un pays fortement dépendant des importations de biens alimentaires et énergétiques.
Le repli de l’inflation à 3,3 % traduit aussi la détente des cours mondiaux des matières premières et la stabilité du franc comorien, arrimé à l’euro par un accord monétaire hérité de la coopération avec Paris. Cette parité fixe agit comme une ancre nominale précieuse pour un petit État insulaire exposé aux variations des prix importés. Reste que la vulnérabilité aux chocs extérieurs, en particulier climatiques et logistiques, demeure une préoccupation permanente pour les autorités monétaires.
Un rebond à consolider face aux fragilités structurelles
Malgré ce tableau encourageant, l’économie comorienne conserve un profil étroit et concentré. La production agricole, dominée par la vanille, l’ylang-ylang et le girofle, reste tributaire des cours mondiaux et des aléas météorologiques. Le tissu industriel demeure embryonnaire et la base fiscale peu diversifiée, ce qui limite les marges de manœuvre budgétaires du gouvernement d’Azali Assoumani. Le pays continue par ailleurs de figurer parmi les économies les plus modestes de la zone Afrique de l’Est, avec un PIB par habitant contenu et un déficit d’infrastructures logistiques palpable.
La BCC insiste sur la nécessité de poursuivre les réformes structurelles engagées avec les partenaires multilatéraux, notamment dans le cadre du programme conclu avec le Fonds monétaire international. La consolidation des finances publiques, l’assainissement du secteur bancaire et la modernisation de la gouvernance des entreprises publiques figurent parmi les chantiers prioritaires. La trajectoire de croissance à 3,8 % offre une fenêtre favorable pour approfondir ces réformes sans compromettre la stabilité sociale.
Pour les investisseurs régionaux et les bailleurs, le message envoyé par Moroni est celui d’une économie qui retrouve un rythme de croisière compatible avec les objectifs de développement inscrits dans le Plan Comores émergent à l’horizon 2030. La consolidation du secteur énergétique, la sécurisation des flux de la diaspora et la diversification des exportations agricoles constitueront les principaux marqueurs à surveiller en 2026. Selon Financial Afrik.
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