Macky Sall à l’ONU : Adama Barrow apporte le soutien de la Gambie

A clear day view of New York City skyline from across the river, showcasing iconic skyscrapers.Photo : Mo Qian / Pexels

La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall à un poste au sein des Nations unies franchit une nouvelle étape sur le terrain diplomatique ouest-africain. Depuis Banjul, le chef de l’État gambien Adama Barrow a fait connaître le soutien officiel de son pays à cette candidature portée par Dakar. L’annonce intervient alors que l’ex-dirigeant sénégalais, qui a quitté le palais de la République en avril 2024, s’emploie à consolider ses appuis régionaux avant les échéances de désignation à New York.

Un appui gambien qui pèse dans le voisinage immédiat

Le geste politique de Banjul n’a rien d’anodin. La Gambie, enclavée dans le territoire sénégalais, entretient avec Dakar une relation dense marquée par une interdépendance économique, sécuritaire et migratoire. En apportant son soutien à Macky Sall, Adama Barrow rappelle la solidité du dialogue bilatéral entre les deux capitales, dialogue que l’ancien président sénégalais avait lui-même contribué à raffermir durant ses deux mandats. Les deux hommes ont travaillé de concert sur plusieurs dossiers structurants, du pont transgambien de Farafenni-Senoba aux questions de sécurité frontalière.

Ce parrainage prend d’autant plus de relief qu’il émane d’un chef d’État en exercice. Dans les couloirs onusiens, les candidatures africaines à des fonctions internationales se jouent souvent sur la capacité à agréger des soutiens formels au sein du continent. La voix de Banjul constitue donc un premier jalon vers une possible dynamique élargie à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à l’Union africaine.

Macky Sall, un profil taillé pour la scène multilatérale

Président du Sénégal de 2012 à 2024, Macky Sall a occupé la présidence tournante de l’Union africaine en 2022, une année marquée par les tensions autour de la guerre en Ukraine et les répercussions alimentaires sur le continent. Il a également été désigné envoyé spécial du Pacte de Paris pour les peuples et la planète, initiative destinée à réformer l’architecture financière internationale. Ce parcours lui confère une visibilité peu commune parmi les anciens dirigeants africains disponibles pour des responsabilités multilatérales.

Son passage à la tête du Sénégal a été marqué par un discours constant sur la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies et la nécessité d’accorder à l’Afrique une place permanente. Cette ligne, largement défendue lors des sommets internationaux, alimente aujourd’hui son crédit auprès de plusieurs partenaires. Reste que la nature exacte du poste visé au sein du système onusien n’a pas été précisée publiquement. Plusieurs pistes circulent, du dossier climat au portefeuille du développement, sans confirmation officielle à ce stade.

Un contexte politique sénégalais en toile de fond

La démarche de l’ancien chef de l’État s’inscrit dans un environnement politique intérieur profondément recomposé. Depuis la victoire de Bassirou Diomaye Faye à la présidentielle de mars 2024 et la formation d’un gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, les rapports entre l’ancien pouvoir et les nouvelles autorités demeurent tendus. Plusieurs anciens collaborateurs de Macky Sall font l’objet d’enquêtes judiciaires, tandis que l’ex-président réside pour partie hors du Sénégal.

Dans ce contexte, une élection à un poste onusien offrirait à Macky Sall une tribune internationale et une forme de reconnaissance protectrice. Elle placerait aussi Dakar face à un choix diplomatique délicat : soutenir ou non, au nom de l’intérêt national, la candidature d’un ancien adversaire politique. Jusqu’ici, les nouvelles autorités sénégalaises ne se sont pas exprimées formellement sur le dossier.

Concrètement, l’appui gambien envoie un signal aux chancelleries de la sous-région. Il ouvre la voie à d’autres démarches, en particulier auprès de la Mauritanie, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, partenaires historiques de la diplomatie sénégalaise. La bataille pour un siège onusien se joue rarement sur les seuls mérites du candidat. Elle mobilise des réseaux, des équilibres régionaux et des contreparties qui se négocient dans la durée. Selon Dakaractu.

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Kouadio N'Guessan
Correspondant diplomatique, Kouadio N'Guessan suit les sommets africains, les négociations multilatérales et les relations bilatérales entre États du continent. Ancien attaché de presse dans une mission diplomatique, il apporte une connaissance fine des coulisses institutionnelles de la CEDEAO, de l'Union africaine et des partenariats Sud-Sud.

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