La présentation, organisée le 17 septembre 2026 à Yaoundé à l’occasion de l’installation de Julien Gras à la tête des filiales camerounaises de Perenco, a permis à la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et à l’opérateur français d’actualiser leurs annonces sur le bassin du Rio del Rey. Selon la fiche préparée par la société publique, les travaux conduits sur les structures Kita et Bokwango, dans le cadre du contrat de partage de production Rio del Rey, ont mis en évidence plus de 30 millions de barils d’huile et plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz. Un nouveau puits d’appréciation est par ailleurs annoncé sur Bekita.
Le discours d’Armel Simondin, CEO de Perenco, prononcé lors de la même audience, apporte une précision : le groupe attribue à Bokwango 31 millions de barils de pétrole et 25 milliards de pieds cubes de gaz en place. La qualification exacte du volume pétrolier reste toutefois floue. Contrairement au gaz, explicitement présenté comme étant « en place », l’opérateur ne précise pas si ces 31 millions de barils correspondent aux hydrocarbures initialement contenus dans le réservoir, à des ressources techniquement récupérables ou à des réserves commerciales. En l’état, ils ne peuvent être assimilés à un potentiel exploitable.
Une ventilation opaque entre Kita et Bokwango
La fiche transmise par la SNH ne permet pas de répartir entre les deux structures les 40 milliards de pieds cubes de gaz évoqués. Perenco chiffre à lui seul Bokwango à 25 milliards de pieds cubes en place, mais l’écart avec le volume global ne peut être automatiquement imputé à Kita, faute de ventilation détaillée. Cette absence de granularité complique la lecture stratégique du potentiel gazier du bloc.
Sur le contrat de partage de production Bomana, Perenco fait par ailleurs état d’un résultat notable. Le puits foré sur le prospect Lungahe a mis en évidence 55 milliards de pieds cubes de gaz en place. Un volume qui, là encore, ne préjuge en rien de la quantité récupérable. Le facteur de récupération du gisement, les coûts de développement, les infrastructures à mobiliser et les conditions économiques et contractuelles détermineront la part valorisable. Les travaux sur Lungahe étaient engagés depuis plusieurs années : le rapport ITIE Cameroun 2023 rappelait que la prorogation de l’autorisation de recherche Bomana, accordée en avril 2023, devait précisément permettre à Perenco Rio del Rey de préparer ce forage.
Un bilan opérationnel revendiqué par Perenco
Dans le Rio del Rey, l’opérateur indique avoir foré 25 puits et réalisé une cinquantaine d’opérations de reconditionnement, avec à la clé près de 13 000 barils par jour de production supplémentaire et un ajout de plus de 21 millions de barils aux réserves. La SNH avance de son côté un indicateur légèrement différent : le développement complémentaire du champ Rio del Rey conduit durant le mandat d’Yves Postec, prédécesseur de Julien Gras, aurait accru la production nationale d’environ 7 000 barils par jour.
Les deux chiffres ne sont pas directement comparables. Les documents rendus publics ne précisent ni les périodes de référence ni les périmètres retenus, si bien qu’il est impossible d’établir si les 7 000 barils quotidiens cités par la SNH sont inclus dans les 13 000 barils incrémentaux revendiqués par Perenco. À l’échelle nationale, le groupe affirme avoir investi plus de 1,5 milliard de dollars depuis 2012 aux côtés de la société publique, foré une centaine de puits, ajouté plus de 240 millions de barils aux réserves et porté sa production opérée à environ 75 000 barils équivalent pétrole par jour.
La valorisation du gaz suspendue au cadre contractuel
Les découvertes de Bokwango, Kita et Lungahe ne se traduiront pas automatiquement par une mise en production. Parmi les dossiers transmis au nouveau directeur général, la SNH cite la poursuite des travaux d’appréciation, le développement de Bokwango et la valorisation des ressources gazières du Rio del Rey. Sur ce dernier volet, Perenco conditionne explicitement ses futurs investissements à la finalisation du cadre contractuel avec la société publique. Armel Simondin a indiqué vouloir boucler ce processus dans « les plus brefs délais ».
Deux projets techniques figurent également dans la feuille de route : une augmentation de 10 MW des capacités de production électrique et un relèvement de 15 millions de pieds cubes par jour des capacités de gaz-lift. Ni le montant des investissements associés ni le calendrier de mise en service n’ont été communiqués. Selon Investir au Cameroun.
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