Secrétariat général de l’ONU : Macky Sall au cœur d’une offensive africaine

View of the United Nations Office in Geneva adorned with flags of various countries.Photo : Hugo Magalhaes / Pexels
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La bataille diplomatique autour d’une éventuelle candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais Macky Sall à la succession d’António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies prend une ampleur nouvelle. Longtemps discutée dans les cercles restreints des chancelleries, l’hypothèse s’affiche désormais comme un enjeu porté par une coalition d’acteurs africains, décidés à peser sur le choix du prochain Secrétaire général. La démarche vise à transformer une aspiration continentale ancienne en candidature structurée, susceptible de rassembler au-delà des seuls cercles francophones.

Une mobilisation qui dépasse le cadre sénégalais

Le soutien à la candidature de Macky Sall ne se limite plus au Sénégal. Il s’inscrit dans une dynamique continentale plus large, portée par des responsables politiques, des diplomates et des figures de la société civile issues de différentes sous-régions africaines. Cette convergence traduit la volonté d’éviter la dispersion des soutiens, souvent reprochée aux candidatures africaines précédentes aux grandes institutions internationales, et de constituer un front capable d’influer sur les négociations au sein du Conseil de sécurité.

La stratégie déployée par les partisans de l’ancien président sénégalais s’appuie sur son expérience à la tête de l’Union africaine, fonction qu’il a occupée en 2022, ainsi que sur son rôle de champion de l’Initiative pour l’adaptation de l’Afrique face au changement climatique. Ces éléments sont mis en avant pour asseoir un profil jugé compatible avec les attentes d’un poste à forte dimension diplomatique, où la capacité à dialoguer avec les grandes puissances et avec les économies émergentes constitue un critère déterminant.

Un enjeu de représentation pour le continent

Depuis la création de l’Organisation des Nations unies en 1945, un seul ressortissant africain, l’Égyptien Boutros Boutros-Ghali, puis le Ghanéen Kofi Annan, ont occupé la fonction de Secrétaire général. L’argument de l’alternance régionale, défendu de longue date par les chancelleries du continent, trouve ici un nouveau point d’application. Pour ses promoteurs, confier cette responsabilité à une personnalité africaine permettrait de rééquilibrer la gouvernance d’une organisation dont les décisions structurent les priorités de la communauté internationale en matière de paix, de développement et de climat.

La démarche s’inscrit également dans un contexte où le multilatéralisme est fragilisé par la résurgence des rivalités entre grandes puissances, par la contestation des instruments financiers internationaux et par la recomposition des alliances diplomatiques sur le continent africain. Plusieurs capitales considèrent qu’un Secrétaire général issu d’Afrique serait mieux armé pour porter une voix équilibrée dans un monde traversé par les tensions entre Washington, Pékin, Moscou et les pôles émergents du Sud global.

Une équation diplomatique complexe

L’aboutissement d’une telle candidature reste cependant tributaire d’équilibres délicats. Le Secrétaire général des Nations unies est recommandé par le Conseil de sécurité, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto, avant d’être nommé par l’Assemblée générale. La capacité de Macky Sall à rassembler autour de son nom suppose donc non seulement une coordination africaine sans faille, mais aussi une acceptabilité auprès des grandes puissances, dont les préférences demeurent, à ce stade, peu lisibles.

Sur le plan interne, la candidature de l’ancien chef de l’État intervient dans un contexte politique sénégalais marqué par l’alternance survenue en 2024 et par des relations parfois tendues entre le nouveau pouvoir et l’ex-majorité présidentielle. La manière dont Dakar soutiendra officiellement, ou non, cette candidature constituera un indicateur décisif. Une candidature africaine ne peut en effet prospérer sans l’appui formel de l’État dont le candidat est ressortissant, condition nécessaire à l’obtention des soutiens de l’Union africaine et des autres ensembles régionaux.

Au-delà de la personnalité de Macky Sall, l’évolution de ce dossier illustre la volonté d’une partie des acteurs africains de reprendre l’initiative dans la désignation des responsables des grandes institutions internationales. Elle préfigure une séquence diplomatique où se joueront, sur fond de négociations discrètes, la cohésion du continent et sa capacité à peser sur l’architecture mondiale de la gouvernance. Selon Dakaractu, la mobilisation panafricaine autour de cette candidature connaît une intensification marquée ces dernières semaines.

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