RD Congo : le gouvernement décrète un couvre-feu dans les villes de Beni et Butembo

augustin matata ponyo
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Appelé à la démission, le Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, en visite à Beni depuis mardi, a été hué par la foule qui a accusé les autorités de ne l’avoir pas protégée. Au lendemain de manifestations anti-gouvernementales violemment réprimées par les forces de l’ordre, les autorités congolaises ont décrété jeudi un couvre-feu à Beni et Butembo, deux villes de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Ce couvre-feu décrété dans les villes de Beni et Butembo par le gouvernement, selon le ministre congolais de l’Intérieur Évariste Boshab, se déroulera de 19H00 à 06H00 (17H00 à 4H00 GMT). Pendant la période du couvre-feu, seules les forces de sécurité ont le droit de circuler, a-t-il expliqué.

Les commerces sont restés fermés jeudi à Beni. Toute reprise est conditionnée par la libération de ceux qui sont venus compatir et pleurer les réprimés violement par la police et l’armée lors d’une manifestation contre l’inaction des autorités face aux violences qui, selon l’ONU, ont causé la mort de plus de 700 personnes depuis octobre 2014. Trois personnes, dont un policier, avaient été tuées lors de ces violences. Le même jour tôt le matin, une colonne de centaines de manifestants partis de Butembo avaient rallié à pied Beni, à 54 km au nord.

Pour justifier les arrestations administratives de sept manifestants, M. Boshab, tout en promettant de les relâcher après interrogatoires, a déclaré lorsque les gens quittent une ville pour une autre, c’est une action préméditée, ils avaient l’intention de nuire.

Il faut noter que la dernière tuerie d’envergure a vu 51 civils tués dans la nuit de samedi à dimanche dans des quartiers nord de Beni, à la lisière du parc de Virunga, repaire des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

Selon le bilan de la société civile de Beni, le gouvernement a évalué le total des morts à 42 et l’ONU a fait état « d’au moins 50 civils tués ». Le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) attribuent ces tueries aux rebelles des ADF. Une version partiellement remise en cause par des experts qui imputent également une part de responsabilité à des soldats de l’armée régulière.

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Lazard Obiang
Lazard possède 10 ans d'expérience dans le journalisme en ligne. Il s'occupe pour AfricTelegraph de l'actualité politique et économique au Cameroun, au Gabon et au Congo. Il travaille avec différentes presse en ligne au Gabon notemmant lenouveaugabon.com.

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