Les autorités ivoiriennes ont ouvert un nouveau front contre l’affichage publicitaire illégal à Abidjan. Le gouvernement accorde un délai de quinze jours aux opérateurs et annonceurs concernés pour procéder au démontage volontaire des panneaux, enseignes et dispositifs installés sans autorisation préalable dans la capitale économique. Passé ce terme, les services compétents procéderont d’office aux retraits, aux frais des contrevenants. La mesure vise l’ensemble du district autonome d’Abidjan, où la prolifération des supports non déclarés est devenue un motif récurrent de friction entre régies, communes et administrations.
Un ultimatum de quinze jours pour reprendre le contrôle du paysage urbain
La décision s’inscrit dans une séquence de reprise en main de l’espace public engagée depuis plusieurs mois par l’exécutif ivoirien. Les autorités estiment que le foisonnement de bâches, panneaux 4×3, écrans LED et enseignes lumineuses installés hors cadre légal fragilise à la fois la sécurité routière, l’esthétique urbaine et les recettes fiscales locales. Abidjan concentre l’essentiel du marché ivoirien de la communication extérieure, un segment dynamisé par la croissance des services financiers, des télécoms et de la grande consommation.
Concrètement, les régies concernées devront produire les autorisations administratives couvrant chacun de leurs emplacements. Les supports dépourvus de titre valide seront réputés illégaux et déposés. Cette approche par vérification documentaire tranche avec les campagnes ponctuelles de démontage menées par le passé, souvent contestées devant les juridictions administratives faute de base réglementaire claire.
Enjeux fiscaux et souveraineté sur l’espace public
Derrière la question esthétique, se joue un dossier économique de premier plan. La taxe sur la publicité extérieure constitue une source de revenus significative pour les collectivités du Grand Abidjan, mais son rendement demeure inférieur au potentiel du marché, faute d’un recensement exhaustif des supports. Les experts du secteur évoquent depuis plusieurs années un manque à gagner important lié à l’affichage clandestin, qui court-circuite les procédures d’homologation et les redevances associées.
La reprise en main annoncée pourrait rebattre les cartes entre les grandes régies structurées, souvent en règle avec l’administration, et les acteurs informels qui occupent des emplacements stratégiques sans base contractuelle. Les principaux annonceurs, banques, opérateurs télécoms, brasseurs et enseignes de distribution, devront s’assurer que leurs campagnes reposent sur des supports certifiés, sous peine de voir leurs visuels retirés en pleine exécution de plan média.
La mesure fait également écho à la préparation d’échéances internationales et de grands rendez-vous urbains, où l’image d’Abidjan est appelée à être soignée. La capitale économique ivoirienne, qui ambitionne de consolider son statut de hub régional en Afrique de l’Ouest francophone, mise sur un urbanisme plus lisible et sur une régulation modernisée des activités commerciales visibles depuis la voirie.
Une exécution qui se jouera sur le terrain
Reste que la crédibilité de l’ultimatum dépendra de la rigueur de l’exécution. Les précédentes tentatives de mise en ordre du marché publicitaire à Abidjan se sont heurtées à la difficulté d’identifier les propriétaires des supports, à la multiplication des baux de courte durée sur des parcelles privées, et à la coexistence de compétences entre le district, les mairies communales et les ministères techniques. Le gouvernement devra articuler ces échelons pour éviter les recours et les contentieux post-démontage.
Par ailleurs, la profession attend des clarifications sur les procédures de régularisation à venir. Une refonte du cadre réglementaire de la publicité extérieure, plusieurs fois évoquée, permettrait de sécuriser les investissements des régies et de donner une visibilité pluriannuelle aux annonceurs. À défaut, la crainte d’un cycle répétitif d’ultimatums et de démontages risque de peser sur un secteur qui emploie plusieurs milliers de personnes, entre installation, maintenance, création graphique et commercialisation d’espaces.
Pour les acteurs économiques présents en Côte d’Ivoire, le signal est clair : l’espace public urbain redevient un actif régulé, dont l’usage commercial suppose désormais un titre en bonne et due forme. Selon Abidjan.net, le compte à rebours de quinze jours a débuté avec l’annonce officielle du gouvernement.
Pour aller plus loin
Togo : Faure Gnassingbé remanie le haut commandement militaire · Sénégal : le gouvernement peut recourir au vote bloqué sur l’article 37 · Sénégal : Ousmane Sonko dénonce des mouvements suspects à la Primature

Be the first to comment on "Abidjan : 15 jours pour retirer les panneaux publicitaires illégaux"