Le Sud-Liban a été de nouveau frappé par l’armée israélienne, qui a mené une série de raids et de tirs d’artillerie sur plusieurs localités du caza de Nabatiyé. Le bilan le plus lourd a été enregistré à Arabsalim, où deux personnes ont trouvé la mort dans une attaque ciblée, selon les informations rapportées par la presse libanaise. Cette opération s’inscrit dans une séquence de violations quasi quotidiennes de la trêve entrée en vigueur fin novembre 2024 entre Israël et le Hezbollah.
Arabsalim, nouvelle cible d’une campagne aérienne persistante
La frappe qui a coûté la vie à deux habitants d’Arabsalim illustre la logique d’attrition maintenue par l’état-major israélien depuis la conclusion de l’accord parrainé par Washington et Paris. Les autorités locales évoquent un raid mené par un drone armé, mode opératoire devenu récurrent dans la région du Nabatiyé et de Bint Jbeil. Les équipes de la Défense civile libanaise ont été mobilisées pour dégager les corps et évacuer les blessés vers les hôpitaux de la région.
Depuis plusieurs semaines, la doctrine israélienne consiste à cibler individuellement des personnes présentées comme des cadres ou combattants du Hezbollah, tout en frappant occasionnellement des infrastructures. Le gouvernement libanais dénonce des atteintes répétées à la souveraineté nationale et un contournement systématique du mécanisme de surveillance mis en place dans le cadre de l’accord. Beyrouth a saisi à plusieurs reprises le Conseil de sécurité des Nations unies pour signaler ces incursions.
Un cessez-le-feu vidé de sa substance
L’accord conclu fin 2024 prévoyait le retrait des forces israéliennes du territoire libanais et le redéploiement de l’armée régulière au sud du Litani, en appui à la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL). Près d’un an plus tard, plusieurs positions frontalières restent occupées par l’armée israélienne, qui invoque des impératifs sécuritaires pour justifier son maintien sur cinq collines stratégiques. Cette présence prolongée nourrit l’exaspération d’une population du Sud déjà éprouvée par treize mois de guerre ouverte.
Les frappes visant Arabsalim et d’autres villages du caza de Nabatiyé interviennent dans un contexte de blocage diplomatique. Le comité de suivi, coprésidé par les États-Unis et la France, peine à imposer une désescalade durable. Les émissaires américains ont multiplié les navettes ces derniers mois, sans parvenir à convaincre l’exécutif israélien de suspendre ses opérations. En parallèle, le Hezbollah a globalement observé la trêve, se limitant à des déclarations condamnant les frappes sans riposte militaire d’envergure.
Un enjeu régional aux ramifications multiples
La persistance des attaques israéliennes sur le Sud-Liban pèse sur les équilibres politiques internes libanais. Le gouvernement issu de l’élection présidentielle de janvier 2025 a fait de la restauration de la souveraineté territoriale l’un de ses axes majeurs, tout en s’engageant sur le désarmement graduel des formations non étatiques au sud du fleuve Litani. Chaque frappe fragilise cette équation en alimentant l’argumentaire des partisans du maintien d’une capacité militaire résistante.
Sur le plan régional, la reprise des hostilités au Sud-Liban intervient alors que les tractations autour de Gaza, du dossier nucléaire iranien et de la stabilisation syrienne mobilisent l’attention des capitales occidentales et arabes. Les chancelleries du Golfe, notamment Riyad et Doha, surveillent avec inquiétude l’éventualité d’un embrasement susceptible de contrarier les projets de reconstruction et d’investissement dans le Levant. La communauté internationale redoute qu’un incident majeur ne provoque une rupture définitive du fragile équilibre issu de novembre 2024.
Concrètement, la trajectoire actuelle laisse peu de marge à une désescalade rapide. Tant que les modalités de retrait israélien resteront contestées et que le mécanisme de vérification demeurera perçu comme déséquilibré, le Sud-Liban continuera de vivre au rythme des sirènes et des frappes ciblées. Selon Al Akhbar, la journée d’attaques a également touché plusieurs autres localités frontalières, sans faire de victimes supplémentaires confirmées à ce stade.
Pour aller plus loin
Israël refuse de coopérer avec le Conseil de la paix pour Gaza · Le Hezbollah dénonce les violations israéliennes du cessez-le-feu au Liban · Un pétrolier iranien visé par une frappe, Téhéran dément un raid à Ispahan

Be the first to comment on "Liban-Sud : deux morts dans une nouvelle frappe israélienne à Arabsalim"