Côte d’Ivoire : le CEPICI courtise les investisseurs chinois à Shanghai

Captivating view of Shanghai's illuminated skyline reflecting on the Huangpu River at night.Photo : zhen tang / Pexels

À Shanghai, le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a intensifié ses démarches pour attirer les capitaux chinois vers Abidjan. L’agence gouvernementale, chargée de guichet unique pour les investisseurs étrangers, cherche à transformer une curiosité économique croissante en engagements financiers concrets. La séquence chinoise s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenaires économiques du pays, dont la croissance figure parmi les plus solides du continent.

Une diplomatie économique offensive vers la Chine

La délégation ivoirienne a multiplié les échanges avec des groupes industriels, financiers et technologiques chinois, dans une logique de démarchage ciblé. Le CEPICI met en avant la stabilité macroéconomique de la Côte d’Ivoire, sa position de porte d’entrée sur l’Afrique de l’Ouest et un cadre incitatif rénové pour les capitaux étrangers. L’enjeu dépasse la simple prospection commerciale : il s’agit d’ancrer la deuxième économie de la zone franc dans les circuits de financement asiatiques, alors que la relation avec les partenaires traditionnels européens se recompose.

Shanghai n’a pas été choisie par hasard. Capitale financière chinoise, la métropole concentre les sièges sociaux de conglomérats industriels, de fonds d’investissement et de banques susceptibles de porter des projets d’envergure en Afrique. Pour Abidjan, la ville constitue un point d’accès privilégié aux décideurs économiques capables de mobiliser des tickets significatifs, dans des secteurs stratégiques comme les infrastructures, l’agro-industrie, l’énergie ou la logistique portuaire.

Passer des intentions aux projets structurants

Le discours porté par le CEPICI insiste sur un point : l’intérêt manifesté par les investisseurs chinois est réel mais reste, pour partie, à concrétiser. Les manifestations d’intention doivent désormais se traduire par des accords signés, des implantations d’usines, des prises de participation ou des cofinancements d’infrastructures. Cette exigence de matérialisation traduit une préoccupation partagée par nombre d’agences africaines de promotion des investissements, souvent confrontées à un écart entre annonces et réalisations effectives.

La Côte d’Ivoire dispose pourtant d’arguments tangibles. Premier producteur mondial de cacao, hub logistique régional avec les ports d’Abidjan et de San Pedro, l’économie ivoirienne affiche des taux de croissance réguliers au-dessus de 6 % sur la dernière décennie, hors épisode pandémique. Le pays a également engagé un vaste chantier de modernisation de ses infrastructures routières, énergétiques et numériques, autant de segments où le savoir-faire chinois est déjà présent sur le continent.

Un partenariat sino-ivoirien à consolider

La Chine figure de longue date parmi les principaux partenaires commerciaux d’Abidjan, notamment sur le volet des importations d’équipements et de biens manufacturés. Plusieurs projets structurants du pays, dans les transports urbains, l’hydraulique ou les télécommunications, ont bénéficié de financements ou d’exécution par des entreprises chinoises. Le CEPICI cherche désormais à passer d’une relation dominée par les contrats publics d’infrastructures à un partenariat élargi incluant l’investissement direct privé, la coentreprise industrielle et le transfert technologique.

Cette réorientation s’inscrit dans un contexte régional où plusieurs capitales ouest-africaines rivalisent pour capter les capitaux asiatiques. Le Sénégal, le Ghana ou encore le Bénin ont multiplié les missions économiques à Pékin, Shanghai ou Shenzhen. Pour la Côte d’Ivoire, la différenciation passe par la qualité du cadre juridique offert aux investisseurs, la fluidité administrative promise par le guichet unique et la profondeur d’un marché intérieur porté par une classe moyenne en expansion.

Reste que la conversion effective des intérêts en projets dépendra aussi de la capacité ivoirienne à assurer un suivi rigoureux post-mission. Les investisseurs chinois, réputés méthodiques dans leurs due diligences, attendent des interlocuteurs stables, des procédures prévisibles et des garanties opérationnelles. Le CEPICI, qui joue un rôle pivot dans ce dispositif, sera jugé sur les annonces signées dans les mois qui suivront le déplacement shanghaïen. Selon Abidjan.net, l’agence entend maintenir un contact soutenu avec les groupes rencontrés pour accélérer la matérialisation des projets identifiés.

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About the Author

Amina Ben Salem
Journaliste économique pour le Maghreb, Amina Ben Salem suit les économies algérienne, tunisienne et marocaine, ainsi que leurs liens avec l'Afrique subsaharienne. Elle analyse les politiques industrielles, la macroéconomie, les programmes de financement international et les partenariats énergétiques méditerranéens.

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