De la mairie de Fatick à la présidence de l’Union africaine, l’ancien chef d’État sénégalais Macky Sall s’est forgé, au fil de quatre décennies, une stature internationale de premier plan. Aujourd’hui candidat au poste de Secrétaire général des Nations Unies, ce chef d’État aguerri propose de mettre à profit son pragmatisme et son expérience politique au service d’un monde plus que jamais polarisé.
Il est de ces parcours politiques qui ne laissent aucune place au hasard. Avant de se projeter sur la scène diplomatique mondiale, Macky Sall a méthodiquement gravi tous les échelons de l’appareil d’État sénégalais. Né en 1961 à Fatick, dans le centre-ouest du Sénégal, cet ingénieur géologue de formation (diplômé de l’Institut des Sciences de la Terre de Dakar et de l’École nationale supérieure du pétrole et des moteurs de Paris) a conservé de ses premières années une approche scientifique de la politique : analyse du terrain et des forces en présence pour avancer et agir avec méthode.
Une logique méritocratique au cœur de son ascension politique
Le parcours politique de Macky Sall est celui d’un homme d’État extrêmement expérimenté. Comme le détaille sa biographie officielle sur le site de l’ONU, il a connu « l’épreuve du pouvoir » sous toutes ses formes. Tour à tour maire de sa ville natale de Fatick, Ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Hydraulique, puis Ministre de l’Intérieur, il devient Premier ministre de 2004 à 2007 sous la présidence d’Abdoulaye Wade, avant de prendre la tête de l’Assemblée nationale (2007-2008).
Cette connaissance intime des rouages exécutifs et législatifs a fait de lui un tacticien hors pair. Rompu aux joutes politiques sénégalaises, réputées pour leur intensité, il a su manœuvrer avec habileté, traversant les disgrâces pour fonder son propre parti, l’Alliance pour la République (APR), et remporter l’élection présidentielle de 2012, avant d’être réélu en 2019. Durant ses douze années à la tête du Sénégal, il s’est illustré par sa capacité à concilier des intérêts divergents dans un contexte souvent instable, cherchant en permanence à maintenir le dialogue au sein d’une démocratie exigeante.
Une stature internationale et diplomatique affirmée
Au-delà des frontières sénégalaises, c’est sur la scène continentale et internationale que Macky Sall a véritablement assis sa stature d’homme d’État aguerri. Les diplomates décrivent un dirigeant pragmatique, capable de parler à toutes les grandes puissances.
Son mandat à la présidence en exercice de l’Union Africaine (2022-2023) a marqué un tournant. C’est sous son impulsion, et grâce à un intense plaidoyer auprès des capitales occidentales et émergentes, que l’Afrique a obtenu son siège permanent au sein du G20 en 2023. De plus, au plus fort de la crise ukrainienne en 2022, il n’a pas hésité à se rendre à Sotchi pour négocier directement avec Vladimir Poutine la libération des stocks de céréales destinés au continent africain.
Ces faits d’armes, ajoutés à ses responsabilités à la tête de la CEDEAO et du NEPAD, soulignent la résilience et le sens de la négociation d’un homme habitué aux crises géopolitiques majeures.
Son objectif à la tête de l’ONU : refonder le multilatéralisme
Aujourd’hui, fort de ce parcours, l’ancien président sénégalais brigue le poste de Secrétaire général de l’ONU. Son diagnostic sur l’état du monde est clair : face à la paralysie des institutions mondiales et à la multiplication des conflits, son objectif est de « Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur ».
À l’heure où les Nations Unies cherchent un second souffle pour regagner la confiance des pays du Sud tout en maintenant le dialogue avec le Nord, la candidature de Macky Sall apparaît comme celle de la synthèse. Celle d’un leader venu du Sud, mais dont l’expérience et le réseau mondial en font un interlocuteur naturel pour l’ensemble de la communauté internationale.

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