L’Afrique du Sud retarde son départ pour le Mondial 2026 sur fond de visas

Children engaged in a lively soccer game on a sunny day in South Africa.Photo : Thato Moiketsi / Pexels

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L’Afrique du Sud a vu son départ pour la Coupe du monde 2026 retardé en raison de difficultés liées à l’obtention de visas pour une partie de sa délégation. Le contretemps, qualifié de « fiasco » par plusieurs voix internes, intervient à un moment particulièrement sensible, alors que les Bafana Bafana s’apprêtent à disputer leur première phase finale depuis 2010 et à porter les couleurs d’un continent en quête de visibilité dans la compétition organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Un couac administratif au pire moment pour les Bafana Bafana

Le décollage initialement programmé dimanche n’a pas pu se concrétiser, certains membres du staff et de l’encadrement n’ayant pas reçu à temps les documents consulaires nécessaires. La Fédération sud-africaine de football (SAFA) s’est retrouvée contrainte de reprogrammer le voyage, désorganisant le calendrier de mise en place du camp de base et les premières séances d’acclimatation prévues outre-Atlantique. Pour une délégation qui se prépare depuis des mois à cette échéance, chaque jour perdu pèse sur la préparation tactique et physique.

Le contretemps a immédiatement suscité la colère d’une partie du milieu sportif sud-africain, qui dénonce un manque d’anticipation et une coordination défaillante entre la fédération, les autorités diplomatiques et les services consulaires concernés. La presse locale a relayé le terme de « fiasco », repris jusque dans les rangs de la délégation. Plusieurs observateurs rappellent que les procédures de visa pour les États-Unis, en particulier, requièrent des délais incompressibles que les organisateurs auraient dû intégrer bien en amont.

Un revers d’image pour Pretoria à l’approche du Mondial

Au-delà du désagrément sportif, l’épisode rejaillit sur l’image institutionnelle de l’Afrique du Sud. Le pays, première puissance industrielle du continent et hôte de la Coupe du monde 2010, s’est longtemps présenté comme un modèle d’organisation événementielle en Afrique australe. Voir sa sélection nationale clouée au sol pour un défaut de paperasse administrative entame ce récit. La séquence intervient alors que Pretoria cherche à renforcer son influence diplomatique, notamment dans le cadre des BRICS élargis et de sa présidence du G20 en 2025.

L’épisode interpelle également sur la qualité des relations consulaires entre l’Afrique du Sud et les pays hôtes du tournoi. La délivrance de visas pour une délégation sportive de haut niveau s’inscrit en principe dans des circuits accélérés, balisés par les fédérations internationales et les ministères concernés. Le grain de sable observé ce week-end laisse penser que ces canaux n’ont pas pleinement fonctionné, ou n’ont pas été activés dans les temps requis par les services sud-africains.

Une alerte pour les fédérations africaines engagées en 2026

Le cas sud-africain résonne au-delà de ses frontières. Neuf places sont en jeu pour le continent africain dans cette première édition à 48 équipes, et plusieurs sélections francophones, du Maroc au Sénégal en passant par la Côte d’Ivoire, devront acheminer staffs élargis, journalistes et supporters vers l’Amérique du Nord. La complexité des procédures américaines, additionnée aux exigences canadiennes et mexicaines, pourrait peser lourd sur les budgets et les calendriers des fédérations moins dotées.

Plusieurs experts du sport-business invitent désormais les autorités africaines à anticiper ces démarches dès la phase qualificative, en mobilisant les ambassades concernées et en sollicitant la Confédération africaine de football (CAF) comme intermédiaire auprès de la FIFA. La centralisation des demandes consulaires sous un guichet unique apparaît comme une piste pour éviter la réplique de l’épisode sud-africain à plus grande échelle.

Reste à mesurer l’impact réel de ce retard sur la préparation des Bafana Bafana, attendus dans un groupe relevé. Si la délégation parvient à rallier rapidement son camp de base, le préjudice sportif demeurera limité. À l’inverse, un report prolongé compromettrait les séances de cohésion et la phase d’acclimatation décisive avant le coup d’envoi. Selon PressAfrik, plusieurs membres de l’encadrement attendaient encore leurs visas au moment du décollage initialement prévu.

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About the Author

Léa Mbongo
Reporter société, Léa Mbongo s'intéresse aux enjeux agricoles, environnementaux et de santé publique en Afrique francophone. Elle a couvert les crises climatiques du Sahel, les politiques de sécurité alimentaire et l'émergence des filières agroalimentaires locales. Ses reportages donnent la parole aux acteurs de terrain.

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