L’ANER déploie 1 200 lampadaires solaires pour les JOJ Dakar 2026

A solar-powered street light set against vibrant green conifer trees, symbolizing sustainable energy.Photo : finix photographer / Pexels

L’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER) a présenté, à l’issue d’une tournée nocturne menée le 27 octobre par son directeur général Thierno Alia Mbengue, le résultat d’un chantier concentré sur les deux principaux pôles des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Au total, 1 200 points lumineux solaires ont été déployés entre la station balnéaire de Saly, sur la Petite Côte, et le pôle urbain de Diamniadio, aux portes de la capitale. L’enveloppe mobilisée s’élève à 1,5 milliard de francs CFA, pour une exécution confiée à l’entreprise Salvi et bouclée en vingt-cinq jours.

Un chantier solaire calibré pour deux pôles olympiques

À Saly, l’ANER a équipé un linéaire de 17 kilomètres reliant le croisement de la station au rond-point de Ngaparou, en passant par Saly Center, avec 168 lampadaires. Près d’une centaine de mâts supplémentaires couvrent les parkings de Time-Timole et du Karting, deux zones logistiques appelées à absorber un flux inhabituel de visiteurs. La visite s’y est déroulée en présence de la direction générale de la SAPCO, aménageur de la zone touristique, et d’un représentant du Conseil exécutif des transports urbains durables (CETUD).

À Diamniadio, le dispositif se concentre autour des équipements sportifs et de la voirie structurante. Le stade Abdoulaye Wade et son annexe, la Dakar Arena, la rue CICAD, le parking officiel, la rue 22 et le village olympique ont été dotés de points lumineux dits CSA, pour un total de 128 unités selon le détail communiqué par l’agence. L’étape a été accueillie par Me Moussa Diop, à la tête de la structure publique qui pilote l’aménagement de Diamniadio et du Lac Rose, la DGPU. « Nous sommes tous dans une course de vitesse et chacun est en train de faire de son mieux pour que le Sénégal accueille la jeunesse mondiale dans de très bonnes conditions », a-t-il indiqué à Seneweb.

L’ANER en vitrine d’une filière solaire décentralisée

Créée en 2013, l’ANER avait jusqu’ici bâti sa notoriété sur l’électrification rurale et l’équipement de localités enclavées en kits et mini-réseaux solaires. Le chantier des JOJ marque un changement d’échelle : il s’agit, pour la première fois à ce rythme, de livrer un éclairage public autonome sur des sites événementiels à forte visibilité internationale, dans une fenêtre de temps contrainte. Le passage par un prestataire unique, Salvi, et la cadence imposée — quarante-huit mâts installés en moyenne par jour — traduisent une industrialisation inédite de la commande publique dans ce segment.

Le choix du tout-solaire pour ces infrastructures répond à un double enjeu. D’une part, il permet de s’affranchir des aléas du réseau basse tension, dont les coupures restent fréquentes aux heures de pointe en zone urbaine dense. D’autre part, il s’inscrit dans la trajectoire fixée par la Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie, qui vise un mix national comportant une part croissante de renouvelables. Le Sénégal, avec les centrales de Bokhol, de Malicounda, de Ten Merina et de Diass mises en service entre 2016 et 2018, revendique déjà l’une des capacités photovoltaïques raccordées les plus significatives d’Afrique de l’Ouest, estimée à plus de 150 MW.

Un test grandeur nature avant la facture d’exploitation

La commande émane directement du sommet de l’État. Le directeur général de l’ANER a mentionné les instructions reçues du chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, relayées par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô et par la tutelle, le ministère de l’Énergie et du Pétrole dirigé par le Dr Abdourahmane Diouf. Le Comité d’organisation des JOJ (COJOJ) était également associé aux visites de réception, signe de l’imbrication entre calendrier sportif et livraison des infrastructures connexes.

« Pour ce qui est des JOJ, nous avons installé, au total, 1 200 lampadaires solaires, répartis entre Saly et Diamniadio, pour un investissement de 1,5 milliard de francs CFA », a précisé Thierno Alia Mbengue à Seneweb. Ramené au point lumineux, le coût moyen avoisine 1,25 million de francs CFA, un ordre de grandeur cohérent avec les marchés comparables observés dans la sous-région pour des mâts solaires équipés de batteries lithium et de panneaux intégrés. Reste la question, encore ouverte, de la maintenance au-delà de l’événement : la durée de vie utile de ce type d’équipement dépend fortement de la qualité des batteries et de la régularité des interventions, deux variables qui conditionneront le retour sur investissement pour le contribuable sénégalais une fois la flamme olympique éteinte.

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Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

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