BGFI Holding Corporation, maison mère du premier groupe bancaire d’Afrique centrale, prépare une deuxième augmentation de capital sur la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC). L’opération, en cours de structuration, prolonge la stratégie de renforcement des fonds propres engagée par la holding gabonaise présidée par Henri-Claude Oyima. Elle vise à accompagner la croissance des filiales du groupe dans onze pays et à élargir un actionnariat encore très concentré autour du noyau historique.
Une opération qui prolonge la première levée sur la BVMAC
La démarche s’inscrit dans le sillage de la première augmentation de capital réalisée par le groupe sur la place régionale de Douala, où la BVMAC concentre désormais l’ensemble des transactions boursières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) depuis la fusion avec la Douala Stock Exchange. Cette première levée avait permis à BGFI de tester l’appétit des investisseurs régionaux pour son titre et de valider un modèle de financement par le marché jusque-là peu mobilisé par les grands groupes bancaires de la zone.
Le retour de la holding sur le compartiment des actions traduit une volonté de diversifier les sources de capitaux propres, dans un environnement où les exigences prudentielles édictées par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) ont été progressivement durcies. Les ratios de solvabilité imposés aux établissements de la sous-région convergent vers les standards de Bâle, ce qui contraint les groupes les plus actifs à muscler régulièrement leurs assises.
Renforcer les fonds propres pour soutenir l’expansion régionale
BGFI Holding chapeaute un réseau de filiales bancaires, d’assurance, de gestion d’actifs et de services financiers spécialisés, présent au Gabon, au Cameroun, en République du Congo, en République démocratique du Congo, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Sénégal, à Madagascar, à São Tomé-et-Príncipe, en Guinée équatoriale et en France. Cette empreinte géographique, l’une des plus larges du continent pour un groupe d’origine francophone, impose une discipline capitalistique constante. Chaque filiale doit pouvoir absorber la croissance de ses encours de crédit sans fragiliser la maison mère.
L’augmentation de capital projetée doit également ouvrir le tour de table à de nouveaux investisseurs institutionnels, qu’il s’agisse de fonds de pension régionaux, de compagnies d’assurance ou d’investisseurs privés à la recherche d’un véhicule liquide exposé au secteur bancaire d’Afrique centrale. La rareté des valeurs cotées de premier plan à la BVMAC confère à BGFI un statut de référence pour les gestionnaires d’actifs en quête de diversification au sein de la zone franc.
Un test pour la profondeur de la place de Douala
Au-delà des enjeux propres au groupe gabonais, l’opération constitue un signal pour la BVMAC elle-même. La place régionale peine encore à attirer des émetteurs corporate en dehors d’un cercle restreint de grandes entreprises, et la liquidité du marché secondaire demeure modeste. Une seconde levée d’envergure portée par un acteur de la stature de BGFI peut contribuer à élargir la base d’épargnants intéressés par les titres cotés et à crédibiliser le marché auprès d’investisseurs internationaux.
Le calendrier précis, le montant visé et les modalités de l’opération n’ont pas encore été rendus publics. Les autorités de marché, au premier rang desquelles la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF), devront valider le prospectus avant tout lancement effectif. Le succès de la transaction se mesurera non seulement au taux de souscription, mais aussi à la capacité de la holding à élargir véritablement son actionnariat au-delà des partenaires institutionnels gabonais et congolais déjà présents.
Reste un enjeu de gouvernance. L’arrivée de nouveaux actionnaires minoritaires, plus exigeants en matière de transparence et de reporting financier, pourrait accélérer la convergence du groupe vers les standards de communication des grandes banques cotées d’Afrique de l’Ouest, à l’image des champions ivoiriens et nigérians. Pour BGFI, l’opération relève autant de la stratégie financière que d’un positionnement de long terme sur le marché des capitaux régional. Selon Financial Afrik, la préparation de cette deuxième augmentation de capital est désormais engagée.
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