Le CEPICI clarifie le cadre fiscal ivoirien aux investisseurs

A stunning aerial view of a bustling expressway in Abidjan, Côte d'Ivoire, showcasing urban architecture and transportation.Photo : Silvere Meya / Pexels

Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) entend lever l’un des principaux freins identifiés par les opérateurs étrangers : l’opacité perçue du régime fiscal national. Le guichet unique de l’investissement a engagé une série d’actions de sensibilisation destinées à éclairer les porteurs de projets sur les obligations, incitations et procédures applicables. La démarche s’inscrit dans la stratégie nationale de développement, qui ambitionne de hisser le pays au rang d’économie à revenu intermédiaire supérieur d’ici la fin de la décennie.

L’enjeu dépasse la simple communication institutionnelle. Pour les bailleurs et les multinationales qui examinent les marchés d’Afrique de l’Ouest, la prévisibilité fiscale constitue un critère de décision aussi déterminant que la stabilité politique ou la qualité des infrastructures. Le CEPICI, placé sous la tutelle de la présidence de la République, joue le rôle d’interface entre l’administration fiscale, la Direction générale des impôts et les investisseurs, qu’ils soient nationaux ou étrangers.

Un guichet unique au cœur de la stratégie d’attractivité

Créé pour fluidifier les démarches d’implantation, le CEPICI traite à la fois l’agrément au Code des investissements, l’enregistrement des entreprises et l’accompagnement post-création. Sa mission inclut désormais une dimension explicative renforcée : aider les investisseurs à décoder les avantages offerts par le régime ivoirien, qu’il s’agisse d’exonérations temporaires d’impôt sur les bénéfices, de réductions de droits de douane sur les biens d’équipement ou de régimes spécifiques applicables aux zones franches.

Concrètement, l’institution organise des rencontres sectorielles et des sessions techniques où les agents du fisc présentent, secteur par secteur, le cadre normatif. Cette pédagogie ciblée répond à un constat récurrent : nombre d’entrepreneurs renoncent à certaines facilités faute d’en connaître l’existence ou les conditions d’éligibilité. Le manque à gagner, pour l’économie comme pour les porteurs de projets, est jugé significatif par les autorités ivoiriennes.

La fiscalité, variable décisive de la compétition régionale

La Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), reste en concurrence directe avec le Sénégal, le Ghana voisin et, dans une moindre mesure, le Bénin pour capter les flux d’investissements directs étrangers. Selon les données régulièrement publiées par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, Abidjan a su, ces dernières années, maintenir un rythme soutenu d’entrées de capitaux, notamment dans l’agro-industrie, le numérique, les hydrocarbures et la construction.

Reste que la pression fiscale réelle, les délais de remboursement de la taxe sur la valeur ajoutée et la stabilité des règles dans le temps demeurent des points d’attention. Les investisseurs interrogés par les chambres consulaires soulignent fréquemment l’écart entre les textes affichés et leur application sur le terrain. C’est précisément cet écart que le CEPICI cherche à réduire, en jouant un rôle de tiers de confiance entre administration et entreprises.

Aligner discours et pratique pour rassurer les capitaux

La démarche pédagogique entreprise par le centre comporte une dimension diplomatique implicite. À l’heure où plusieurs pays africains révisent leur fiscalité minière, pétrolière ou numérique pour accroître les recettes publiques, le message envoyé par Abidjan se veut rassurant : aucune rupture brutale n’est envisagée, et les avantages consentis dans le cadre du Code des investissements seront honorés. Cette stabilité revendiquée constitue un argument de poids face à des juridictions perçues comme plus volatiles.

Le défi consiste désormais à transformer cette communication institutionnelle en gains mesurables, qu’il s’agisse du volume d’investissements agréés, du nombre d’emplois créés ou de la part des projets portés par des PME locales. Le CEPICI publie périodiquement des indicateurs sur ces points, et leur évolution dans les prochains trimestres permettra d’évaluer l’efficacité réelle de cette offensive pédagogique. Pour les opérateurs étrangers, la clarté du cadre fiscal reste, en dernière analyse, le meilleur signal d’engagement d’un État. Selon Abidjan.net.

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Amina Ben Salem
Journaliste économique pour le Maghreb, Amina Ben Salem suit les économies algérienne, tunisienne et marocaine, ainsi que leurs liens avec l'Afrique subsaharienne. Elle analyse les politiques industrielles, la macroéconomie, les programmes de financement international et les partenariats énergétiques méditerranéens.

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