Le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) accélère la dématérialisation de ses procédures pour renforcer l’attractivité économique du pays. L’agence, guichet unique des investisseurs nationaux et étrangers, entend simplifier drastiquement les démarches de création d’entreprise et de suivi des projets, dans un contexte régional où la concurrence entre places d’affaires ouest-africaines s’intensifie. La démarche s’inscrit dans la stratégie gouvernementale d’amélioration du climat des affaires portée depuis plusieurs années par Abidjan.
Un guichet unique repensé autour du numérique
Longtemps critiqué pour la lourdeur administrative qui pesait sur les créateurs d’entreprise, le CEPICI a engagé une refonte de ses outils numériques. Objectif affiché : réduire les délais de traitement, limiter les interactions physiques source de tracasseries et offrir une visibilité en temps réel sur l’état d’avancement des dossiers. La plateforme unifiée doit permettre à un investisseur, qu’il soit basé à Abidjan, Casablanca ou Paris, d’enregistrer sa société sans se déplacer.
La dématérialisation ne se limite pas à la création d’entreprise. Elle englobe désormais l’octroi des agréments à l’investissement, le suivi des incitations fiscales prévues par le Code des investissements et les échanges avec les administrations connexes. Cette intégration verticale vise à éliminer les points de friction qui, dans plusieurs études de la Banque mondiale, avaient été identifiés comme des freins majeurs à l’implantation des capitaux étrangers.
Une réponse à la compétition régionale
La Côte d’Ivoire, première économie de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), n’évolue pas en vase clos. Le Sénégal, le Togo et le Bénin ont chacun modernisé leurs propres agences de promotion des investissements, tandis que le Rwanda continue de servir de référence continentale en matière de simplification administrative. Pour maintenir son rang de destination privilégiée des capitaux dans la zone franc, Abidjan doit aligner ses standards sur les meilleures pratiques.
Le pari du CEPICI repose sur une conviction : la qualité du parcours administratif pèse désormais autant que le régime fiscal ou l’accès au foncier dans la décision d’implantation. Un investisseur international compare les délais d’enregistrement en jours, voire en heures. Or, la promesse portée par le guichet unique ivoirien est précisément de compresser ces temps morts qui, additionnés, découragent bon nombre de projets à taille intermédiaire.
Diversifier les origines des capitaux
Au-delà de la fluidité, l’enjeu est aussi géographique. Le CEPICI cherche à élargir le spectre des investisseurs qui s’intéressent à la Côte d’Ivoire, historiquement dominé par les capitaux français et, plus récemment, marocains, turcs et chinois. Les flux en provenance du Golfe, de l’Inde et de certains hubs africains comme Maurice figurent parmi les cibles identifiées. Une plateforme numérique multilingue et interopérable constitue, à cet égard, un outil de projection commerciale autant qu’administratif.
La stratégie s’articule avec les ambitions du Plan national de développement, qui table sur un rehaussement significatif du taux d’investissement privé. Les secteurs prioritaires — agro-industrie, énergie, logistique, économie numérique et transformation minière — appellent des capitaux à long terme, souvent conditionnés à la lisibilité du cadre d’accueil. La dématérialisation vient combler une partie de cette exigence de prévisibilité, aux côtés des efforts déjà menés sur la fiscalité et la protection des investisseurs.
Reste que la réussite de cette bascule numérique dépendra de sa robustesse opérationnelle. Les précédents ivoiriens et sous-régionaux montrent que les plateformes en ligne butent parfois sur des interconnexions défaillantes entre administrations, sur des lenteurs de validation humaine en aval ou sur des enjeux de cybersécurité insuffisamment traités. Le CEPICI devra prouver, chiffres à l’appui, que la promesse de simplification se matérialise dans les tableaux de bord des investisseurs. La compétition régionale ne laisse guère de marge à l’approximation.
Selon Abidjan.net, l’agence entend faire de cette transformation numérique un argument central de sa prochaine offensive de promotion à l’international.
Pour aller plus loin
SIMAR SA : un réseau démantelé pour un préjudice de 363 millions FCFA · Cameroun : la croissance agricole chute de 5,2% à 1,1% en 2025 · Rentrée scolaire : le coût des fournitures et de la scolarité pèse sur les familles africaines

Be the first to comment on "Le CEPICI dématérialise ses procédures pour attirer les investisseurs"