Côte d’Ivoire : Diarrassouba défend le bilan économique du gouvernement

Contemporary cityscape of Abidjan featuring high-rise buildings by the waterfront under overcast skies.Photo : Jean Marc Bonnel / Pexels

La Côte d’Ivoire continue d’afficher l’un des taux de croissance les plus soutenus de l’Afrique subsaharienne, et le gouvernement entend le faire savoir. Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, a livré une présentation exhaustive de l’action économique conduite depuis plusieurs années à Abidjan. L’exercice, à la fois pédagogique et politique, vise à consolider le récit d’une économie ivoirienne résiliente, tirée par l’industrialisation, l’investissement public et la diversification productive.

Un bilan économique articulé autour de la transformation industrielle

Au cœur du propos ministériel figure la volonté de sortir la Côte d’Ivoire de sa dépendance historique à l’exportation de matières premières brutes. Le pays, premier producteur mondial de cacao, mise depuis plusieurs années sur la transformation locale de ses ressources agricoles, un chantier érigé en priorité stratégique. Souleymane Diarrassouba a rappelé les avancées obtenues dans la structuration de zones industrielles, notamment autour d’Abidjan, de San Pedro et de Bouaké, présentées comme des leviers de compétitivité et de création d’emplois.

Le ministre a également insisté sur le rôle des petites et moyennes entreprises dans le tissu économique ivoirien. La promotion des PME, l’accès au financement et l’accompagnement à la formalisation constituent des axes récurrents de la politique menée par son département. Concrètement, plusieurs dispositifs ont été déployés pour faciliter l’intégration des acteurs informels dans le circuit productif structuré, une préoccupation partagée par les bailleurs multilatéraux.

Investissements, infrastructures et attractivité

La communication gouvernementale a mis en avant l’ampleur des investissements réalisés dans les infrastructures de transport, d’énergie et de logistique. Ports, autoroutes, capacités de production électrique : l’exécutif ivoirien revendique un maillage territorial en nette amélioration, qui alimente l’attractivité du pays auprès des groupes internationaux. Cette dynamique s’inscrit dans la trajectoire du Plan national de développement, feuille de route pluriannuelle qui structure les priorités budgétaires.

Abidjan revendique par ailleurs un climat des affaires en progression, appuyé sur des réformes réglementaires successives. Le ministre du Commerce et de l’Industrie a défendu les résultats obtenus en matière d’implantation d’entreprises étrangères, notamment dans l’agro-industrie, la logistique et les services financiers. La Côte d’Ivoire cherche à confirmer son statut de hub économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), face à une concurrence régionale qui s’aiguise, notamment de la part du Sénégal et du Ghana voisin.

Reste que le tableau présenté par Souleymane Diarrassouba comporte aussi ses zones d’ombre, que les observateurs indépendants ne manquent pas de rappeler. La question de la redistribution des fruits de la croissance, la persistance d’inégalités territoriales entre le Nord et le Sud, ainsi que le poids de la dette publique demeurent des points de vigilance. Le Fonds monétaire international, dans ses évaluations récentes, souligne la solidité des fondamentaux ivoiriens tout en appelant à une consolidation budgétaire progressive.

Une communication à visée stratégique

Le calendrier de cette prise de parole n’est pas anodin. À l’approche d’échéances politiques majeures, le gouvernement d’Alassane Ouattara mobilise ses ministres pour valoriser un bilan qu’il juge substantiel. La présentation de Souleymane Diarrassouba s’inscrit dans une séquence coordonnée de communication institutionnelle, destinée à ancrer dans l’opinion et auprès des partenaires extérieurs l’image d’une gouvernance économique maîtrisée.

Pour les investisseurs et les analystes, l’enjeu dépasse la simple communication. La capacité de la Côte d’Ivoire à maintenir sa trajectoire de croissance, à absorber les chocs exogènes et à poursuivre sa mue industrielle conditionnera en grande partie l’évolution de son coût d’accès aux marchés financiers. Les prochains arbitrages budgétaires, notamment sur les subventions et l’investissement public, seront déterminants pour crédibiliser le discours porté par le ministre du Commerce et de l’Industrie.

Dans ce paysage régional où la compétition entre capitales ouest-africaines s’intensifie, Abidjan joue une carte à la fois économique et diplomatique. Selon Financial Afrik, le bilan présenté par Souleymane Diarrassouba entend précisément consolider ce positionnement.

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About the Author

Amina Ben Salem
Journaliste économique pour le Maghreb, Amina Ben Salem suit les économies algérienne, tunisienne et marocaine, ainsi que leurs liens avec l'Afrique subsaharienne. Elle analyse les politiques industrielles, la macroéconomie, les programmes de financement international et les partenariats énergétiques méditerranéens.

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