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Le retour de Yassine Benjelloun à Casablanca a pris l’allure d’un événement politique au Maroc. Volontaire engagé dans la flottille Soumoud, destinée à briser le blocus imposé à la bande de Gaza, le militant marocain a publié à son arrivée un témoignage détaillé sur l’interception de son embarcation par la marine israélienne, le 18 mai, dans les eaux internationales au large de l’île grecque de la Crète. Sa parole, immédiatement relayée par les réseaux militants au Maghreb, met en lumière le sort réservé aux 428 ressortissants étrangers embarqués dans cette opération humanitaire.
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Une seconde mission qui tourne au drame
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Benjelloun n’en est pas à son coup d’essai. Il avait déjà rejoint une première flottille en septembre 2025, expérience qu’il décrit comme sans commune mesure avec celle vécue en mai. Le militant évoque des passages à tabac systématiques : côtes brisées, nez fracturés, chevilles cassées, épaules disloquées. Il mentionne également des tirs de balles en caoutchouc, l’usage répété du Taser et des coups de matraque, dont l’un aurait coûté l’audition à son camarade Scott, désormais en attente d’une opération chirurgicale.
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Le récit, publié sur ses réseaux sociaux, fait également état d’agressions sexuelles et de viols commis sur certains passagers. Le volontaire marocain décrit des scènes prolongées de mise à genoux sous le soleil, mains menottées dans le dos, tête au sol pendant plusieurs heures. Il rapporte avoir entendu des cris de détenus suivis de silences brutaux, sans pouvoir lever la tête pour vérifier le sort de ses camarades. Le ton, sobre, tranche avec la violence des faits rapportés.
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La société civile maghrébine face à la question palestinienne
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Le témoignage de Benjelloun s’inscrit dans une mobilisation plus large de la société civile marocaine et maghrébine autour du conflit à Gaza. Depuis le déclenchement de l’offensive israélienne, le royaume chérifien a vu se multiplier les marches de soutien aux Palestiniens, malgré la normalisation diplomatique scellée en 2020 entre Rabat et Tel-Aviv dans le cadre des accords d’Abraham. Le retour d’un ressortissant marocain victime de violences directes ravive un dossier sensible pour les autorités, partagées entre engagements diplomatiques et opinion publique majoritairement propalestinienne.
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La flottille Soumoud, dont le nom signifie « résilience » ou « fermeté » en arabe, s’inscrit dans la lignée d’initiatives civiles internationales lancées depuis 2010 pour contester le blocus maritime de Gaza. L’épisode de mai 2026 confirme la fragilité juridique de ces opérations face au dispositif militaire israélien, capable d’intervenir loin de ses côtes. L’interception dans les eaux internationales soulève à nouveau la question du respect du droit maritime international, déjà posée lors de l’affaire du Mavi Marmara en 2010.
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Un récit qui interpelle au-delà du cercle militant
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Au-delà de la dénonciation, Benjelloun livre une analyse politique. Le militant marocain estime que l’indignation suscitée par son témoignage tient avant tout à son identité de ressortissant étranger, alors que les Palestiniens subissent, selon lui, une violence comparable depuis près de huit décennies sans susciter la même attention. Il pointe la responsabilité collective des opinions publiques occidentales et arabes dans la perpétuation du statu quo, et appelle à des gestes concrets, jusque dans les choix de consommation quotidienne.
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Le récit interpelle également par sa dimension émotionnelle. Le volontaire évoque la sidération du retour, l’impossibilité de mettre des mots sur l’expérience vécue, la peur résiduelle déclenchée par le moindre bruit. Cette dimension traumatique, rarement documentée publiquement par les participants à ce type d’opérations, donne une épaisseur particulière à son témoignage et explique sans doute la viralité immédiate de sa publication dans l’espace francophone.
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Reste à voir comment Rabat réagira à cette affaire impliquant l’un de ses ressortissants. Aucune déclaration officielle n’avait été émise au moment de la publication du texte. Le sort des autres passagers étrangers, dont la nationalité n’a pas été précisée dans l’intégralité, reste également à documenter. Selon Africtelegraph, le témoignage de Yassine Benjelloun continue de circuler massivement sur les réseaux marocains et maghrébins.
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Pour aller plus loin
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