Le Maroc devrait afficher une croissance économique de 4,9 % en 2025, marquant une accélération sensible par rapport aux exercices précédents. Cette dynamique, observée à l’échelle nationale, s’appuie sur deux moteurs principaux : le rebond du secteur agricole après plusieurs campagnes affectées par la sécheresse et la solidité de la demande intérieure. Le Royaume chérifien confirme ainsi son statut de pôle de stabilité macroéconomique au Maghreb, à un moment où plusieurs voisins composent avec des trajectoires plus heurtées.
Un rebond agricole déterminant pour la croissance marocaine
Longtemps pénalisée par un déficit pluviométrique chronique, l’agriculture marocaine retrouve des couleurs en 2025. Le redressement de la production céréalière et le redémarrage des filières d’élevage contribuent directement à la valeur ajoutée nationale. Ce secteur, qui pèse traditionnellement entre 12 % et 14 % du produit intérieur brut et emploie une part majeure de la population active rurale, conditionne mécaniquement le rythme global de l’activité.
Au-delà du rendement agronomique, la reprise alimente une chaîne de valeur étendue : agro-industrie, logistique, distribution, exportations vers l’Union européenne et l’Afrique de l’Ouest. L’effet d’entraînement sur le tissu des petites et moyennes entreprises est tangible, en particulier dans les régions de Fès-Meknès, Souss-Massa et l’Oriental. La stratégie Génération Green, qui prolonge le Plan Maroc Vert, trouve dans ce contexte une fenêtre favorable pour accélérer ses objectifs de modernisation et d’irrigation localisée.
La demande intérieure, second pilier de l’accélération
Le deuxième moteur de la performance attendue tient à la résilience de la consommation des ménages et à la progression de l’investissement privé. La maîtrise relative de l’inflation, après le pic enregistré en 2022 et 2023, restaure progressivement le pouvoir d’achat. Les transferts des Marocains résidant à l’étranger, qui dépassent depuis plusieurs exercices la barre symbolique des 100 milliards de dirhams annuels, continuent de soutenir la consommation et le marché immobilier.
Côté investissement, les grands chantiers d’infrastructure liés à l’organisation conjointe de la Coupe du monde de football 2030 et à la Coupe d’Afrique des nations 2025 mobilisent des capitaux publics et privés considérables. Stades, lignes à grande vitesse, extension des aéroports, mise à niveau hôtelière : la dépense en capital irrigue l’ensemble du territoire et tire le secteur du bâtiment. Le Fonds Mohammed VI pour l’investissement joue par ailleurs un rôle de catalyseur pour les partenariats public-privé, en particulier dans l’industrie, les énergies renouvelables et le tourisme.
Un cadre macroéconomique sous surveillance
Cette accélération ne dispense pas Rabat d’arbitrages délicats. Le déficit budgétaire reste à contenir, dans un contexte où les besoins d’investissement public demeurent élevés et où la facture sociale, notamment la généralisation de la couverture maladie, mobilise des ressources importantes. Bank Al-Maghrib, la banque centrale, conserve une posture prudente sur sa politique monétaire, attentive au comportement des prix et à la stabilité du dirham au sein de son panier de référence euro-dollar.
Le compte courant constitue un autre point de vigilance. L’amélioration des recettes touristiques, qui ont franchi des records ces deux dernières années, et la performance des exportations automobiles et de phosphates atténuent la facture énergétique. Le Maroc reste toutefois exposé à la volatilité des cours des hydrocarbures et aux soubresauts géopolitiques en Méditerranée et au Sahel.
Reste que la trajectoire de 4,9 % envoie un signal favorable aux investisseurs internationaux et aux agences de notation, qui scrutent la soutenabilité de la dette publique et la capacité du Royaume à transformer son rebond conjoncturel en croissance plus inclusive. Les défis structurels demeurent : chômage des jeunes diplômés, disparités territoriales, dépendance hydrique. La prochaine étape consistera à arrimer cette performance à des gains de productivité durables et à une diversification industrielle plus profonde. Selon Financial Afrik, l’année 2025 marquera ainsi un tournant pour la trajectoire économique marocaine.
Pour aller plus loin
Sénégal : la CNES réclame des concertations économiques d’urgence · Comment envoyer de l’argent à Madagascar en toute simplicité ? · Les PME, maillon négligé de la souveraineté économique sénégalaise

Be the first to comment on "Maroc : la croissance grimpe à 4,9 % en 2025, dopée par l’agriculture"