L’ISEG conteste son inscription sur la liste noire du supérieur

Exterior view of Balme Library at University of Ghana with palm trees and a clear sky.Photo : Maxx Sas / Pexels

L’Institut supérieur de l’entreprise et de gestion (ISEG) a publiquement contesté son apparition sur la liste noire des établissements privés d’enseignement supérieur dressée par le ministère de tutelle au Sénégal. L’école, implantée de longue date à Dakar et connue pour ses cursus en gestion, finance et management, estime que cette inscription porte un préjudice injustifié à sa réputation auprès des familles, des étudiants et des partenaires professionnels. La direction a fait savoir qu’elle entendait obtenir une rectification formelle dans les meilleurs délais.

Un classement contesté dans un secteur sous tension

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a entrepris, ces derniers mois, un vaste travail d’assainissement du paysage universitaire privé. Plusieurs dizaines d’établissements figurent désormais sur une liste signalant des manquements aux critères d’habilitation, qu’il s’agisse de l’encadrement pédagogique, des infrastructures ou de la régularité administrative. Pour les autorités, l’objectif est de protéger les étudiants et de garantir la valeur des diplômes délivrés sur le territoire national.

L’ISEG, qui revendique un ancrage ancien dans la formation des cadres au Sénégal et en Afrique de l’Ouest, assure disposer de l’ensemble des autorisations requises pour exercer. Sa direction évoque une confusion possible dans le traitement des dossiers administratifs et dénonce une communication qui, selon elle, ne distingue pas suffisamment les établissements réellement défaillants des structures en règle. L’école affirme avoir engagé des démarches auprès des services compétents pour obtenir sa radiation de la liste litigieuse.

Un enjeu de crédibilité pour l’enseignement supérieur privé

Au-delà du cas particulier, la polémique illustre la fragilité du dialogue entre l’État et les acteurs privés du supérieur. Le Sénégal compte un nombre important d’instituts et d’écoles privées qui accueillent une part croissante des bacheliers, dans un contexte de saturation des universités publiques. La publication de listes de conformité constitue, pour le régulateur, un levier décisif de contrôle qualité. Elle expose néanmoins les établissements concernés à un risque réputationnel immédiat, susceptible d’entraîner des pertes d’effectifs et des contentieux.

Les responsables de l’ISEG insistent sur le fait que l’établissement a diplômé plusieurs promotions dont les parcours professionnels témoignent, selon eux, du sérieux de la formation dispensée. Ils demandent que les critères retenus par l’administration soient rendus publics de manière détaillée, afin que chaque école puisse se positionner et, le cas échéant, remédier aux lacunes identifiées. Cette revendication rejoint celle d’autres acteurs du privé, qui plaident pour une procédure contradictoire préalable à toute publication officielle.

Vers une clarification attendue par les familles

Pour les parents d’élèves, la confusion actuelle complique les choix d’orientation à l’approche des inscriptions. Les frais de scolarité engagés dans un établissement privé représentent un investissement conséquent, et la question de la reconnaissance des diplômes reste centrale, en particulier pour les étudiants envisageant une poursuite d’études à l’étranger ou une insertion dans la fonction publique. Toute incertitude sur le statut d’une école pèse directement sur ces trajectoires.

Les autorités sénégalaises, de leur côté, défendent une démarche de transparence et un calendrier de régularisation qui doit permettre, à terme, de restructurer durablement le secteur. Elles ont indiqué être ouvertes à l’examen des recours déposés par les établissements s’estimant lésés, à condition que ces derniers produisent les pièces justificatives attendues. L’ISEG a d’ores et déjà annoncé qu’il transmettrait un dossier complet au ministère pour appuyer sa demande de retrait.

Le dénouement de ce bras de fer pourrait servir de référence pour l’ensemble du dispositif de contrôle. Si l’école obtient gain de cause, la procédure de publication des listes pourrait être revue pour inclure davantage de garanties procédurales. Dans le cas contraire, les familles disposeront d’un signal clair sur le niveau d’exigence désormais appliqué aux formations privées. Selon Seneweb, la direction de l’ISEG prépare une communication officielle pour détailler sa position et les démarches engagées.

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Léa Mbongo
Reporter société, Léa Mbongo s'intéresse aux enjeux agricoles, environnementaux et de santé publique en Afrique francophone. Elle a couvert les crises climatiques du Sahel, les politiques de sécurité alimentaire et l'émergence des filières agroalimentaires locales. Ses reportages donnent la parole aux acteurs de terrain.

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