RDC : les régies financières collectent 1,3 milliard de dollars

Aerial view of city under a bright blue sky with scattered clouds.Photo : Vika Glitter / Pexels

Les régies financières de la République démocratique du Congo (RDC) ont rassemblé environ 1,3 milliard de dollars de recettes à la date du 25 septembre, selon les données compilées par la presse économique régionale. Cette performance consolide l’effort de mobilisation interne engagé par Kinshasa pour couvrir ses dépenses courantes et honorer ses engagements vis-à-vis de ses partenaires financiers, dans un contexte marqué par la poursuite des opérations militaires dans l’Est et la montée des besoins sociaux.

La collecte repose sur le triptyque habituel : la Direction générale des impôts (DGI), la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD). Ces trois administrations constituent l’ossature de la fiscalité congolaise et portent la quasi-totalité des recettes non pétrolières de l’État. Leurs performances conditionnent directement la capacité du Trésor à exécuter la loi de finances sans recours massif à l’endettement extérieur.

Un rythme de collecte sous surveillance

Le montant agrégé à cette date intermédiaire fournit un signal utile pour évaluer la trajectoire annuelle. Rapporté aux objectifs inscrits dans le cadre budgétaire, il traduit un effort soutenu des administrations fiscales, qui ont multiplié ces dernières années les dispositifs de digitalisation et d’élargissement de l’assiette. L’extension de la facturation électronique, le renforcement des contrôles douaniers aux postes frontaliers et la bancarisation progressive des paiements figurent parmi les leviers mis en avant par le ministère des Finances pour sécuriser les flux.

Reste que la base fiscale congolaise demeure étroite au regard du potentiel du pays. Le secteur extractif, cœur battant de l’économie, concentre une part prépondérante des recettes, en particulier via la fiscalité minière et parafiscale assise sur les exportations de cuivre et de cobalt. Les fluctuations des cours mondiaux pèsent donc mécaniquement sur la lisibilité des encaissements, ce qui plaide pour une diversification des sources de revenus publics.

Un enjeu de souveraineté budgétaire

Pour les autorités de Kinshasa, la montée en puissance des régies constitue un enjeu de souveraineté. Le gouvernement conduit depuis plusieurs mois un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), dont les décaissements sont conditionnés à la discipline budgétaire et à la transparence dans l’exécution des recettes. La trajectoire des encaissements au 25 septembre sera donc examinée de près lors des prochaines revues, aux côtés des indicateurs de déficit et de solde primaire.

Dans le même temps, les besoins de financement explosent. La prise en charge des populations déplacées par le conflit dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, la montée des dépenses sécuritaires et les engagements du programme de développement local des 145 territoires exercent une pression continue sur les arbitrages. Chaque dollar collecté localement réduit la dépendance aux appuis extérieurs et offre une marge de manœuvre bienvenue au ministère des Finances.

Vers un dernier trimestre décisif

Le dernier trimestre de l’exercice est traditionnellement le plus porteur en matière de recettes, en raison du calendrier des acomptes fiscaux et de l’intensification des opérations commerciales en fin d’année. La DGI et la DGDA s’efforcent généralement d’y concentrer les campagnes de recouvrement pour combler les éventuels écarts par rapport aux objectifs annuels. La capacité à tenir cette cadence sur octobre, novembre et décembre déterminera largement le verdict final de l’exercice.

Les analystes régionaux soulignent par ailleurs la nécessité d’articuler cette dynamique de court terme avec les réformes structurelles en cours : révision du Code minier, modernisation du cadastre, renforcement de la lutte contre la fraude douanière aux frontières de l’Est. Autant de chantiers qui conditionnent la soutenabilité à moyen terme de la trajectoire budgétaire congolaise. Pour l’heure, le cap des 1,3 milliard de dollars avant fin septembre installe un socle crédible, à condition que la cadence tienne jusqu’au 31 décembre. Selon Financial Afrik.

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Aïcha Diallo
Journaliste financière, Aïcha Diallo couvre les marchés de capitaux ouest-africains, le secteur bancaire et le paiement mobile. Diplômée en finance d'une grande école de commerce, elle a travaillé dans l'analyse économique avant de se consacrer au journalisme. Elle décrypte les stratégies des groupes bancaires panafricains et les décisions des régulateurs régionaux.

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