Affaire ASER : Aly Ngouille Ndiaye alerte sur la tâche de Jean Michel Sène

High-tension power lines silhouetted by a dramatic and colorful sunset sky, representing energy distribution.Photo : Ujjwal Kishore / Pexels

L’affaire ASER continue d’agiter le débat public au Sénégal. Ancien ministre de l’Intérieur et figure du parti Rewmi, Aly Ngouille Ndiaye est revenu sur le dossier qui éclabousse l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER), estimant que le nouveau directeur général, Jean Michel Sène, hérite d’un chantier dont la complexité dépasse le simple audit comptable. Le contentieux, qui mêle marché public d’envergure et soupçons de surfacturation, place l’institution au cœur d’une controverse politique majeure.

L’ASER au centre d’une controverse financière sensible

Le dossier ASER s’est imposé dans l’actualité sénégalaise après les révélations relatives à un marché d’électrification rurale dont le montant et les modalités d’attribution ont nourri d’intenses interrogations. Le programme, censé accélérer le raccordement de milliers de villages au réseau, est devenu l’un des symboles des tensions entre l’ancienne majorité présidentielle et le pouvoir issu de l’alternance de mars 2024. Plusieurs voix réclament désormais une clarification complète des engagements financiers contractés par l’agence.

Dans ses déclarations rapportées par la presse, Aly Ngouille Ndiaye estime que l’écheveau administratif et contractuel autour de l’agence d’électrification rurale ne se dénouera pas en quelques semaines. L’ancien ministre, lui-même candidat à la présidentielle de 2024, juge que la nouvelle direction devra examiner avec méthode l’ensemble des engagements pris, des prestataires sélectionnés et des décaissements opérés. Une approche prudente, selon lui, conditionne la crédibilité des conclusions qui seront rendues publiques.

Jean Michel Sène face à un héritage contesté

Nommé à la tête de l’ASER dans le cadre du renouvellement opéré par les autorités issues du scrutin présidentiel, Jean Michel Sène se retrouve en première ligne pour démêler les contrats hérités de la précédente gouvernance. Sa mission s’inscrit dans la promesse de transparence portée par le tandem exécutif Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko depuis leur installation au pouvoir. Le traitement réservé à ce dossier servira de test grandeur nature pour la doctrine de reddition des comptes affichée par Pastef.

Aly Ngouille Ndiaye souligne que l’ampleur de la tâche tient autant à la technicité des marchés publics qu’à la dimension politique du dossier. L’électrification rurale mobilise des financements internationaux, des partenariats avec des opérateurs étrangers et un calendrier d’exécution sensible pour les populations bénéficiaires. Toute décision brutale, suspension ou résiliation, comporte un risque contentieux et un coût budgétaire qu’il faudra mesurer avec précision.

Un test pour la gouvernance des marchés publics

Au-delà du cas ASER, le dossier illustre la fragilité du dispositif sénégalais d’attribution et de contrôle des marchés stratégiques. L’Autorité de régulation de la commande publique (ARCOP) et l’Inspection générale d’État sont régulièrement citées comme les pivots d’un système qui doit gagner en lisibilité. Les bailleurs internationaux, particulièrement attentifs aux conditions de passation dans le secteur énergétique, suivent de près les arbitrages qui seront rendus à Dakar.

Pour Aly Ngouille Ndiaye, la pédagogie politique autour du dossier reste essentielle. Le responsable de Rewmi plaide pour un traitement qui distingue clairement les responsabilités juridiques individuelles des choix stratégiques opérés par l’État sénégalais en matière d’accès à l’électricité. Le taux d’électrification rurale, encore inférieur aux objectifs gouvernementaux affichés ces dernières années, reste un indicateur déterminant pour l’attractivité des zones intérieures et la lutte contre l’exode des jeunes.

La gestion du contentieux ASER s’annonce ainsi comme un marqueur de la capacité du nouveau pouvoir à conjuguer fermeté judiciaire et continuité du service public. Les prochains mois diront si Jean Michel Sène parvient à stabiliser l’agence tout en livrant aux autorités de contrôle les éléments d’une éventuelle suite judiciaire. Pour l’heure, l’opinion attend des éclaircissements concrets sur les sommes engagées, les villages effectivement raccordés et les responsabilités managériales en jeu. Selon Seneweb, Aly Ngouille Ndiaye estime que le nouveau directeur général dispose d’un agenda particulièrement chargé pour clarifier l’ensemble de ces points.

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Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

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