Tradex étend son réseau de stations-service sur les axes camerounais

A vibrant gas station in Marrakesh, Morocco, lit up at night with red neon lights.Photo : XT7 Core / Pexels

La distribution de carburant au Cameroun connaît un nouveau jalon avec l’ouverture, à Ayos, d’une station-service Tradex sur la Route nationale n°10. Cet axe relie la capitale Yaoundé à la région de l’Est et constitue l’un des corridors logistiques les plus fréquentés du pays. Avec cette implantation, le distributeur porte son réseau à 86 stations sur le territoire national. L’opération traduit un repositionnement assumé du groupe, qui mise désormais sur les villes intermédiaires plutôt que sur les seules métropoles saturées par la concurrence.

Une stratégie de captation du trafic interurbain

La RN10 voit défiler quotidiennement transporteurs, voyageurs, opérateurs logistiques et automobilistes circulant entre Yaoundé et les bassins économiques de l’Est. En s’installant à Ayos, Tradex cherche à intercepter ce flux régulier tout en offrant un service de proximité aux populations riveraines. Le choix du site n’est pas anodin : les corridors routiers concentrent une demande captive et prévisible, particulièrement adaptée au modèle économique des stations-service. Cette logique d’implantation rompt avec la course aux emplacements urbains où la rentabilité unitaire s’érode sous la pression de la concurrence.

Le distributeur entend ainsi consolider sa place dans un marché animé par plusieurs opérateurs concurrents, parmi lesquels TotalEnergies, Ola Energy et Neptune Oil. La multiplication des points de vente sur les grands axes répond à une double finalité : renforcer la visibilité commerciale et sécuriser les volumes écoulés grâce à une clientèle de passage régulière. Pour la filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), cette diversification géographique constitue également un levier de différenciation face à des concurrents historiquement implantés dans les centres urbains.

Un nouveau modèle de station orienté services

L’infrastructure inaugurée à Ayos dépasse la simple fonction de distribution de carburant. Elle intègre une supérette baptisée Trad’Shop, conçue pour répondre aux besoins des usagers de la route. Cette diversification des prestations vise à augmenter le revenu généré par chaque site, en s’inspirant du modèle de la station-service polyvalente qui s’est imposé sur les grandes routes africaines au cours de la dernière décennie. Au-delà du litre vendu, c’est l’expérience client globale qui devient un facteur de fidélisation et de marge.

Cette mutation reflète une tendance lourde du secteur. Les distributeurs pétroliers cherchent à amortir la volatilité des marges sur le carburant en développant des activités annexes à forte valeur ajoutée : restauration rapide, boutiques de proximité, services de paiement. Tradex s’inscrit dans cette dynamique en transformant progressivement ses points de vente en plateformes multiservices, susceptibles de générer plusieurs flux de revenus complémentaires sur un même site.

Retombées locales et logique de désenclavement

Selon les éléments communiqués par l’entreprise, la phase de construction du site d’Ayos a mobilisé une cinquantaine d’emplois indirects. Son exploitation devrait pérenniser une quinzaine de postes permanents. Ces chiffres, modestes pris isolément, prennent une autre dimension lorsqu’ils sont rapportés à la dynamique d’expansion globale du réseau. La multiplication des stations dans les zones intermédiaires génère un effet d’entraînement local, en particulier dans des localités où l’offre de services modernes reste limitée.

Cette expansion participe aussi d’une logique de désenclavement économique. En rapprochant les services énergétiques des transporteurs, des petites entreprises et des ménages situés hors des grandes agglomérations, Tradex contribue à fluidifier la chaîne logistique nationale. Pour un pays dont la croissance demeure tributaire de ses corridors routiers, notamment vers les voisins enclavés que sont le Tchad et la République centrafricaine, le maillage du territoire en infrastructures de distribution constitue un enjeu structurant. Reste à voir si la concurrence emboîtera le pas sur ce segment des villes intermédiaires, où le potentiel de croissance semble loin d’être épuisé.

Selon Investir au Cameroun, l’exploitation de la nouvelle station devrait créer une quinzaine d’emplois permanents.

Pour aller plus loin

Fonds bleu du Bassin du Congo : 3 milliards de dollars promis à Brazzaville · ENI engage 4 milliards de dollars sur le champ Baleine en Côte d’Ivoire · Barrage Dasin Hausa : le Cameroun réclame des études transfrontalières

Actualité africaine

About the Author

Moussa Kéita
Spécialiste des matières premières et de la transition énergétique, Moussa Kéita suit les filières pétrolières, gazières et minières africaines. Il s'intéresse particulièrement à la gouvernance des ressources extractives, aux nouveaux projets d'hydrogène vert et aux tensions géopolitiques autour des minerais stratégiques comme le cobalt et le lithium.

Be the first to comment on "Tradex étend son réseau de stations-service sur les axes camerounais"

Laisser un commentaire