Le Hamas a officiellement fait savoir qu’il souscrivait à la feuille de route balisant la deuxième phase de l’accord en cours d’application dans la bande de Gaza. Dans un communiqué rendu public, la formation palestinienne indique que sa décision procède d’une lecture pragmatique des priorités du moment, au premier rang desquelles figure la préservation des intérêts vitaux du peuple palestinien après plus de deux années d’un conflit dévastateur.
Un feu vert politique adossé à l’argument de l’intérêt national
Dans sa communication, le mouvement islamiste insiste sur le caractère collectif de la décision, présentée comme le fruit de consultations internes et de discussions avec les autres composantes de la scène palestinienne. La direction politique du Hamas revendique une démarche responsable, destinée à traduire dans les faits les engagements pris lors de la première séquence de l’accord, notamment sur le volet humanitaire et sur les échanges liés aux détenus.
Le choix de valider la phase deux traduit également une lecture des rapports de force régionaux. Les médiateurs qatari, égyptien et américain avaient multiplié les navettes ces dernières semaines afin d’éviter un effondrement du cessez-le-feu obtenu au terme d’un long processus. La formule retenue par le Hamas, qui met explicitement en avant les intérêts du peuple palestinien, vise à consolider une position politique parfois contestée à Gaza comme en Cisjordanie.
Une feuille de route sous surveillance des médiateurs
La deuxième phase de l’accord doit ouvrir la voie à des discussions plus substantielles, portant sur les mécanismes de gouvernance de l’enclave, la question sécuritaire et l’ampleur de la reconstruction. Chacun de ces dossiers concentre des désaccords profonds entre les parties. La question du désarmement des factions armées, revendiquée par Israël et ses alliés occidentaux, se heurte à la position historique du Hamas, qui associe le port des armes à la notion de résistance nationale.
La reconstruction constitue un autre point d’achoppement. Les estimations préliminaires évoquées par plusieurs agences onusiennes chiffrent en dizaines de milliards de dollars le coût de la remise à niveau des infrastructures détruites. Les capitales du Golfe, en particulier Riyad, Abou Dhabi et Doha, sont pressenties pour cofinancer l’effort, sous réserve d’un cadre politique clarifié. Le ralliement du Hamas à la feuille de route pourrait faciliter l’ouverture de discussions techniques avec les bailleurs, sans lever pour autant l’ensemble des conditions posées par ces derniers.
Gaza, épicentre d’un rééquilibrage régional
Au-delà de son objet immédiat, la séquence en cours engage les équilibres politiques du Levant. Le Caire cherche à réaffirmer son rôle de médiateur incontournable sur le dossier palestinien, tandis que Doha capitalise sur sa proximité avec la direction politique du Hamas pour maintenir un canal de dialogue avec Washington. Ankara suit également la situation de près, dans une logique de projection régionale. Ce jeu diplomatique croisé donne à la validation annoncée par le Hamas une portée qui dépasse le seul territoire gazaoui.
Côté israélien, la réception du communiqué s’annonce prudente. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou est traversé par des lignes de fracture internes sur la conduite à tenir face au mouvement islamiste. Les partenaires de la coalition les plus intransigeants continuent de plaider pour un durcissement, tandis que les familles d’otages et une part de l’opinion publique poussent en faveur d’un aboutissement rapide de la seconde phase. La marge de manœuvre de l’exécutif israélien reste donc étroite, dans un contexte où les États-Unis maintiennent leur pression en faveur d’une désescalade.
Reste que la portée réelle de l’acceptation annoncée par le Hamas dépendra des garanties obtenues des médiateurs et de la capacité des parties à traduire la feuille de route en jalons concrets. Les prochaines semaines diront si cette adhésion politique se convertit en avancée opérationnelle, ou si elle vient s’ajouter à la longue liste d’engagements formels sans traduction sur le terrain. Selon Al Akhbar.
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