Liban : Al Akhbar publie une chronique d’opinion sans données factuelles

A crumbling facade of an old building in downtown Beirut, Lebanon.Photo : Jo Kassis / Pexels

La dépêche reçue concerne une publication du quotidien libanais Al Akhbar, intitulée « على بالي » (littéralement « À l’esprit » ou « Ce qui me préoccupe »), formule typique des chroniques d’opinion personnelle dans la presse arabe. Toutefois, le matériau transmis se résume à ce titre et à un lien de redirection, sans extrait, sans signature d’auteur identifiable et sans le moindre élément de contenu permettant d’en restituer la teneur. Dans ces conditions, toute reformulation analytique relèverait de la spéculation.

Une dépêche réduite à un titre, sans corps exploitable

Africtelegraph applique une règle stricte de non-hallucination : aucun chiffre, aucune citation et aucun acteur ne peut être mentionné s’il n’apparaît pas dans la source. Or, la dépêche se limite ici à un agrégat issu de Google News renvoyant vers le site d’Al Akhbar, quotidien beyrouthin connu pour sa ligne éditoriale proche de l’axe de la résistance et critique des politiques occidentales au Levant. La rubrique « على بالي » est généralement un espace de commentaire libre, où les chroniqueurs abordent l’actualité politique libanaise, la crise économique, la guerre à Gaza ou les tensions régionales.

Faute d’accès au texte intégral, il est impossible de déterminer si la chronique en question traite du dossier gouvernemental libanais, des suites du conflit avec Israël, de la reconstruction du Sud-Liban, des négociations sur le port de Beyrouth ou de tout autre sujet d’intérêt stratégique. Les hypothèses, même éclairées par la connaissance du média, ne sauraient se substituer à la lecture du document original.

Le contexte éditorial d’Al Akhbar, repère sans contenu

Fondé en 2006, Al Akhbar occupe une place singulière dans le paysage médiatique libanais. Son lectorat dépasse les frontières du pays du Cèdre et s’étend à plusieurs capitales arabes, où ses analyses sur la géopolitique du Moyen-Orient sont relayées. Le quotidien dispose d’une rubrique d’opinion fournie, dans laquelle les chroniques courtes signalent souvent un commentaire à chaud sur l’actualité du jour, qu’il s’agisse de la formation du gouvernement, des arbitrages budgétaires ou de la position de Beyrouth face aux pressions diplomatiques exercées par Washington, Paris et Riyad.

Cette identité éditoriale n’autorise cependant pas à présumer du contenu d’une chronique précise. La rigueur impose de distinguer la connaissance générale d’un titre de presse et l’analyse d’un texte publié à une date donnée. Tout commentaire sur le fond du papier supposerait d’avoir accès au texte arabe complet, à sa date de publication, au nom du chroniqueur et à l’événement déclencheur.

Pourquoi Africtelegraph s’abstient de paraphraser un contenu absent

La déontologie de la rédaction proscrit la fabrication d’informations à partir d’un titre isolé. Plusieurs risques justifient cette retenue. D’abord, attribuer à un chroniqueur des positions qu’il n’a pas formulées exposerait le média à des contestations légitimes. Ensuite, prêter à Al Akhbar une analyse non publiée fragiliserait la confiance que le lectorat de décideurs accorde aux dépêches reprises. Enfin, le traitement d’un contenu d’opinion suppose d’en restituer la nuance, ce qu’un titre de trois lettres arabes ne permet en aucun cas.

Il appartient désormais aux équipes de veille de récupérer le texte intégral, soit via le site d’Al Akhbar, soit par une traduction certifiée, afin d’évaluer la pertinence d’un traitement éditorial. Si la chronique aborde un dossier stratégique pour le Liban ou la région, qu’il s’agisse de la trêve avec Israël, du financement de la reconstruction par les bailleurs du Golfe ou de la réforme du secteur bancaire, un article dédié pourra alors être produit dans le respect des standards habituels de la maison.

Reste que la transparence vis-à-vis du lectorat impose de signaler, lorsqu’une dépêche est trop lacunaire pour être exploitée, l’impossibilité d’en tirer une analyse substantielle. Selon Al Akhbar, la chronique « على بالي » a bien été publiée, mais son contenu détaillé n’est pas accessible dans la dépêche transmise.

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About the Author

Ibrahim El Hadj
Correspondant Moyen-Orient, Ibrahim El Hadj suit les dossiers géopolitiques et économiques de la région, avec un intérêt particulier pour les investissements du Golfe en Afrique, les routes commerciales de la mer Rouge et la diplomatie énergétique. Arabophone et francophone, il travaille sur les sources libanaises, algériennes et émiraties.

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