Montage Gold vient de franchir une étape déterminante dans son déploiement mauritanien. La société, cotée et spécialisée dans le développement de projets aurifères en Afrique de l’Ouest, annonce avoir sécurisé un ensemble de permis miniers d’une superficie cumulée supérieure à 2 100 kilomètres carrés en Mauritanie. Cette extension confère au groupe l’une des plus larges emprises d’exploration aurifère du pays, à un moment où Nouakchott multiplie les signaux d’ouverture en direction des opérateurs miniers internationaux.
Une emprise foncière stratégique sur le bouclier ouest-africain
Le portefeuille consolidé par Montage Gold s’inscrit dans la prolongation géologique du craton ouest-africain, formation rocheuse ancienne qui héberge la plupart des grands gisements aurifères de la sous-région, du Mali au Burkina Faso. La Mauritanie, longtemps restée à la marge de cette dynamique, s’est imposée ces dernières années comme une nouvelle frontière minière. La superficie sécurisée, équivalente à près de la moitié d’un département français, traduit une stratégie de prise de position massive en amont du cycle d’exploration.
Pour Montage Gold, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de constituer un pipeline de projets susceptibles d’alimenter une production de long terme, alors que les majors aurifères peinent à renouveler leurs réserves. Il s’agit ensuite de diversifier géographiquement un portefeuille jusque-là centré sur d’autres juridictions ouest-africaines. La société poursuit ainsi une logique d’optionalité géologique, consistant à multiplier les zones de prospection pour démultiplier les chances de découverte économiquement viable.
La Mauritanie, nouvelle frontière aurifère
Le secteur extractif mauritanien repose historiquement sur le fer, exploité par la Société nationale industrielle et minière (SNIM), et plus récemment sur le cuivre et l’or de Tasiast, opéré par le canadien Kinross. L’or représente désormais une part croissante des recettes d’exportation du pays. Les autorités ont engagé depuis plusieurs années une réforme du code minier afin d’attirer les capitaux étrangers, en simplifiant l’octroi des titres et en clarifiant les régimes fiscaux applicables aux phases d’exploration et d’exploitation.
Cette politique a porté ses fruits. Plusieurs juniors canadiennes et australiennes se sont positionnées sur des permis dans les régions de l’Inchiri, du Tiris Zemmour et de l’Adrar, où les indices aurifères se sont multipliés. La consolidation opérée par Montage Gold s’inscrit dans cette vague et la prolonge. En sécurisant une superficie de cette ampleur, le groupe se dote d’une marge de manœuvre rare sur un marché où les meilleurs blocs partent désormais rapidement.
Reste que la transformation d’un permis d’exploration en mine en production demeure un parcours long et capitalistique. Entre la première campagne de forage et la coulée de premier lingot, il s’écoule fréquemment cinq à dix ans, avec des taux de conversion historiquement modestes. La capacité de Montage Gold à mobiliser les financements nécessaires aux campagnes géophysiques, aux forages de définition et, le cas échéant, aux études de faisabilité conditionnera la valorisation effective de cette emprise.
Un pari sur un cours de l’or durablement élevé
Le calendrier de cette consolidation n’est pas anodin. Le métal jaune évolue depuis plusieurs trimestres à des niveaux historiquement élevés, soutenu par les achats massifs des banques centrales émergentes et par la demande de valeur refuge dans un environnement géopolitique tendu. Cette conjoncture améliore mécaniquement la rentabilité prévisionnelle des projets aurifères et abaisse le seuil de viabilité des gisements à teneur modeste.
Pour la Mauritanie, l’arrivée d’un acteur de la taille de Montage Gold sur une superficie aussi étendue constitue un test de crédibilité. Les autorités attendent des engagements concrets en matière de programmes de travaux, de retombées locales et de respect des standards environnementaux. La capacité du pays à transformer ces investissements d’exploration en mines opérationnelles, génératrices de recettes fiscales et d’emplois qualifiés, sera scrutée par les autres opérateurs intéressés par le bouclier mauritanien.
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