La popularité de Benyamin Netanyahou continue de s’effriter, selon un sondage relayé par la presse israélienne et repris par le quotidien libanais Al Akhbar. L’enquête d’opinion met en évidence un recul marqué de la cote du Premier ministre, adossé à des appréciations négatives sur la performance globale de son gouvernement. Les résultats interviennent dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement chargé, marqué par la prolongation des opérations militaires régionales et par des tensions internes récurrentes au sein de la coalition de droite au pouvoir à Jérusalem.
Un chef de gouvernement fragilisé dans les intentions de vote
Les chiffres publiés confirment une trajectoire descendante déjà observée depuis plusieurs mois. Le leader du Likoud, revenu au pouvoir fin 2022 à la tête d’une coalition intégrant l’extrême droite et les partis ultra-orthodoxes, voit son socle d’adhésion se réduire dans plusieurs segments de l’électorat. Le sondage relevé par Al Akhbar souligne que les Israéliens interrogés portent un jugement majoritairement défavorable sur la manière dont l’exécutif conduit les affaires du pays, qu’il s’agisse de la gestion sécuritaire, de la politique intérieure ou du dossier des otages retenus à Gaza.
Ce recul de popularité n’est pas anodin dans un système parlementaire où la longévité d’un cabinet dépend étroitement de la capacité de son chef à maintenir la discipline de coalition. Chaque défection potentielle, chaque tension avec un partenaire de la majorité prend un relief accru dès lors que l’opinion se détourne. Les partenaires de Netanyahou observent avec attention ces signaux, qui pèsent dans les arbitrages internes et dans la préparation d’une éventuelle échéance électorale anticipée.
Une évaluation gouvernementale plombée par la guerre et l’après-guerre
La mauvaise image du gouvernement, telle qu’elle ressort du sondage, découle d’un faisceau de dossiers sensibles. La séquence ouverte par l’attaque du 7 octobre 2023 et la campagne militaire prolongée dans la bande de Gaza a durablement affecté la confiance d’une partie du public envers les institutions. La lenteur perçue dans le règlement de la question des otages, les frictions autour de la conscription des ultra-orthodoxes ou encore les débats sur la réforme judiciaire nourrissent un climat de défiance persistant.
À cela s’ajoute l’usure économique. Le coût budgétaire de l’effort de guerre, les répercussions sur l’activité et sur les recettes fiscales, ainsi que les incertitudes pesant sur l’investissement étranger, contribuent à l’insatisfaction exprimée dans les enquêtes d’opinion. Concrètement, la population sanctionne une gestion perçue comme insuffisante face à l’ampleur des défis accumulés depuis deux ans.
Une opposition qui reste en embuscade
Sans que le détail des scores partisans ne soit tranché, la dynamique décrite laisse entrevoir un espace politique élargi pour les forces d’opposition. Les figures centristes et les responsables issus du camp sécuritaire, dont plusieurs anciens chefs militaires reconvertis en politique, apparaissent régulièrement comme des alternatives crédibles dans les mesures d’opinion successives. Reste que la fragmentation de l’échiquier israélien complique toute projection de majorité alternative claire.
Quelles implications pour la scène régionale
Au-delà de la politique intérieure, l’affaiblissement du Premier ministre a des répercussions directes sur la posture diplomatique d’Israël. Les capitales arabes, dont plusieurs partenaires des accords d’Abraham, suivent de près la trajectoire de Netanyahou. Un exécutif fragilisé dispose d’une marge de manœuvre réduite pour engager des concessions substantielles, qu’il s’agisse d’un cadre durable de cessez-le-feu, de la question palestinienne ou de la relation avec les médiateurs régionaux, à commencer par le Qatar et l’Égypte.
Pour Washington également, l’équation se complique. L’administration américaine compose avec un allié dont le crédit politique intérieur s’amenuise, ce qui rend plus délicate la mise en œuvre des compromis nécessaires à toute désescalade durable. Les partenaires européens, notamment la France, observent la même contrainte dans la conduite de leurs initiatives diplomatiques au Levant.
La séquence qui s’ouvre sera donc déterminante. Entre pressions internes, contraintes budgétaires et attentes des chancelleries, la capacité de Benyamin Netanyahou à inverser sa courbe d’opinion conditionnera la stabilité de son gouvernement autant que la trajectoire diplomatique d’Israël. Selon Al Akhbar.
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