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Le conflit au Liban entre dans une phase critique. L’armée israélienne, après plusieurs semaines d’opérations terrestres dans le Sud, a pris le contrôle de la citadelle de Beaufort, position dominante surplombant la vallée du Litani. Tsahal n’exclut désormais plus d’élargir ses bombardements à l’ensemble du territoire libanais, signe d’une volonté d’accentuer la pression militaire sur le Hezbollah, qui refuse toujours de déposer les armes et continue de répliquer par des tirs de roquettes.
Beaufort, verrou stratégique tombé aux mains de Tsahal
La conquête de Beaufort n’a rien d’anecdotique. Édifiée au XIIe siècle par les Croisés, la forteresse domine le sud du pays et constitue un point d’observation prisé depuis des décennies par les belligérants successifs. Sa capture symbolise la profondeur de la pénétration israélienne dans le sud du Liban, là où le Hezbollah avait patiemment construit un réseau de tunnels, de bunkers et de positions de tir. Pour l’état-major israélien, l’enjeu consiste à neutraliser durablement les capacités militaires de la formation chiite, en éloignant ses combattants de la frontière nord d’Israël.
Sur le terrain, les frappes aériennes israéliennes se sont multipliées dans la Bekaa, la banlieue sud de Beyrouth et plusieurs localités du Sud. Selon les autorités libanaises, le bilan humain ne cesse de s’alourdir, tandis que les infrastructures civiles, routes, ponts et bâtiments résidentiels, subissent des dégâts considérables. Les hôpitaux du sud du pays, déjà fragilisés par des années de crise économique, peinent à absorber l’afflux de blessés.
Une crise humanitaire de très grande ampleur
L’ampleur des déplacements de population est sans précédent depuis la guerre civile. Plus d’un million de Libanais auraient quitté leur domicile, fuyant les zones bombardées en direction de Beyrouth, du Mont-Liban et, pour certains, de la Syrie voisine. Les écoles publiques de la capitale ont été réquisitionnées pour accueillir les familles déplacées, et les ONG alertent sur la saturation rapide des centres d’hébergement à l’approche de l’hiver.
Cette situation met sous tension un État libanais déjà exsangue. Privé de président pendant des mois, paralysé par une crise financière qui a vu la livre perdre l’essentiel de sa valeur, le pays peine à coordonner une réponse humanitaire à la hauteur. Les agences onusiennes, à commencer par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et le Programme alimentaire mondial (PAM), lancent des appels de fonds répétés sans pour l’heure obtenir les engagements nécessaires.
La France relance la diplomatie au Conseil de sécurité
Face à cette dégradation, Paris a obtenu la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. La diplomatie française, traditionnellement engagée auprès de Beyrouth en vertu de liens historiques étroits, cherche à imposer un cadre de désescalade et à réactiver la résolution 1701, adoptée en 2006 au sortir de la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah. Ce texte prévoit notamment le déploiement de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) au sud du Litani, et l’éloignement des combattants chiites de la frontière.
L’exercice diplomatique s’annonce ardu. Washington, principal soutien d’Israël, conditionne tout cessez-le-feu à des garanties sécuritaires solides pour les communautés du nord d’Israël, elles aussi déplacées depuis plus d’un an. Moscou et Pékin, de leur côté, dénoncent la disproportion des frappes et plaident pour un arrêt immédiat des hostilités. Entre ces lignes, le Hezbollah, soutenu par Téhéran, conserve une capacité de nuisance significative et refuse toute négociation perçue comme une capitulation.
Reste la question centrale du jour d’après. Une partition de fait du sud du Liban, une zone tampon élargie ou un nouveau format de surveillance internationale figurent parmi les hypothèses évoquées dans les chancelleries occidentales. Aucune ne satisfait pleinement les autorités libanaises, soucieuses de préserver une souveraineté déjà entamée. Selon France 24, la spécialiste Anne Corpet souligne que l’élargissement annoncé des frappes israéliennes marque un tournant et place la communauté internationale au pied du mur.
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Pour aller plus loin
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